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Des bijoux à base de lait maternel enflamment le web

Une Québécoise transforme le produit laitier en perles

Transformer le lait maternel en bijoux
Photo courtoisie En janvier 2017, après moult tests, Karine Lajoie a lancé son entreprise, La Joie en Rose, qui se spécialise dans la transformation du lait maternel en perles qui s’intègrent à des bijoux. Depuis, les réseaux sociaux se sont enflammés et elle croule sous les demandes, faisant de sa passion son gagne-pain quotidien.

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Transformer le lait maternel en bijou. L’idée peut paraître saugrenue, mais elle représente néanmoins le quotidien d’une Québécoise établie dans l’Ouest canadien, où elle a lancé son entreprise spécialisée en la matière, La Joie en Rose, qui croule sous la demande.

« Les réseaux sociaux se sont enflammés et environ un mois après la mise en ligne officielle de mes bijoux, la demande a explosé », confie au Journal Karine Lajoie, propriétaire de l’entreprise La Joie en Rose. « Présentement, je peux vivre de mon art », renchérit celle qui compte près de cinq commandes nouvelles quotidiennes.

Transformer le lait maternel en bijoux
Photo courtoisie

Il y a trois ans, la jeune femme originaire de Sept-Îles a quitté le Québec pour la Colombie-Britannique, où elle a suivi son conjoint dont l’emploi le contraignait à déménager. Passionnée par la joaillerie, elle s’est lancée dans la création de bijoux artisanaux avant de convertir le lait maternel en ornement.

Perles de lait maternel

« Une Québécoise recherchait cela sur les réseaux sociaux et ça a piqué ma curiosité », explique Mme Lajoie.

« Ça n’existait pas vraiment au Canada. Il n’y a qu’une entreprise, je crois, au Manitoba ou en Alberta, mais c’est très populaire aux États-Unis, en Australie et ça a aussi fait un boum en France. Au Canada, c’est encore underground, très très peu connu. »

Ainsi, à l’automne 2016, la trentenaire a demandé des échantillons de laits maternels à des mamans « cobayes volontaires » afin de commencer ses tests qui consistaient à transformer le produit laitier en matière solide grâce à un procédé chimique pour ensuite le réduire en poussière.

« Je travaille avec de la résine. Je mélange le tout pour former une perle solide et créer le bijou », explique-t-elle. « Quand j’ai vu la demande extraordinaire, j’ai décidé d’en faire une carrière », ajoute celle qui a commencé ses activités professionnelles en janvier 2017.

Percer le marché anglophone

Mme Lajoie a installé son bureau dans sa résidence, alors que son atelier se trouve dans son garage. Elle intègre les perles de lait maternel à des pendentifs, des bagues, des boucles d’oreilles ou des bracelets, notamment, et propose des versions en argent sterling, en or blanc ou jaune ainsi qu’en acier inoxydable afin de s’adapter à tous les budgets.

« Les possibilités sont illimitées. J’ai souvent des demandes spéciales. Les gens veulent quelque chose de précis. C’est ça qui est le fun », dit-elle.

« Ma clientèle est majoritairement du Québec, à 95 %. Ça commence à être plus connu au Canada anglais. J’ai des demandes en Alberta, en Colombie-Britannique ; 5 % viennent de France et des États-Unis », ajoute celle qui souhaite percer davantage le marché anglophone dans un proche avenir tout en consolidant sa présence au Québec.

Bijoux de lait maternel

  • Récolte du lait maternel (1 oz) dans un contenant prévu à cet effet selon des consignes précises.
  • Le client envoie le produit dans une enveloppe affranchie au préalable.
  • Le lait est porté à ébullition pour en faire évaporer tous les liquides.
  • Processus de solidification grâce à des produits chimiques (environ une semaine).
  • Le produit doit sécher pendant quelques jours.
  • Il est réduit en poussière et transformé en perle avec de la résine, notamment.
  • La perle est insérée dans un bijou : le pendentif de style classique et la bague sont les deux bijoux les plus populaires.
  • Le temps de traitement varie entre quatre et six semaines. Le coût des bijoux va de 100 $ à 700 $ environ.