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Rapport Leroux: former une «équipe étoile» de PME pour faire «émerger de nouveaux champions»

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Photo d’archives, Simon Clark Monique F. Leroux

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Un comité consultatif recommande au gouvernement Couillard de créer une «équipe étoile» avec les PME québécoises les plus performantes pour mousser leur expansion à l’étranger.

C’est ce qui ressort des propositions du Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation mis sur pied en octobre dernier par le premier ministre Philippe Couillard. Le comité, présidé par l’ex-présidente du Mouvement Desjardins Monique F. Leroux, a rendu son rapport public lundi.

Cette troupe d’élite, appelée le «Réseau200», mettrait en présence des dirigeants de PME rentables, en activité depuis au moins deux ans et avec des revenus supérieurs à 5 millions $, qui «frappent à la porte des marchés internationaux».

L’accès à ce réseau permettrait de consulter des mentors qui ont «vécu et vaincu les défis reliés à l’internationalisation».

«Les participants seraient conseillés, formés, encadrés pour réussir», a écrit le Conseil, dans son communiqué de presse.

L’objectif ultime de cette initiative «serait de faire émerger de nouveaux champions, d’augmenter les exportations, et de stimuler l’ambition chez les entrepreneurs québécois».

Cette proposition n’est pas sans rappeler le «programme des gazelles» qui visait à encourager l’expansion de 100 PME québécoises particulièrement performantes. Ce programme avait pourtant été aboli lors de l’arrivée au pouvoir du gouvernement Couillard, en 2014.

Voitures électriques

Par ailleurs, le Conseil recommande à Québec de mettre bien plus d’énergie pour convaincre les Québécois de délaisser leur voiture à essence.

Il propose au gouvernement d’ajouter «rapidement» 2000 bornes de recharge rapide aux 2 000 bornes standards déjà prévues. Même si les propriétaires de véhicules électriques n’utilisent les bornes publiques que 6 % du temps, l’augmentation de ces bornes est bonne «parce qu’elles répondent à la crainte légitime de tomber en panne», indique le rapport.

Le comité conseille également que la province mette les bouchés doubles pour garder au Québec les étudiants internationaux, une «immigration idéale» qui est «formée ici et déjà intégrée». Le rapport suggère de leur réserver des stages rémunérés, dès la deuxième année d’études au cégep ou à l’université, «avec pour condition préalable une bonne maîtrise du français».

De plus, le Conseil recommande d’abandonner la notion du «plus bas soumissionnaire», qui détermine normalement l’entreprise qui remporte un appel d’offres public. Il soumet plutôt l’idée «d’analyser les propositions selon leur valeur globale» et de «faire du prix l’un des critères d’analyse, mais non le seul».

Finalement, le rapport Leroux recommande la mise sur pied d’une application mobile gratuite pour améliorer le niveau de littéracie des Québécois, «nécessaire pour occuper un emploi dans une économie développée».

Couillard satisfait

Philippe Couillard s’est dit satisfait des recommandations contenues dans le rapport.

«Le travail fait par le Conseil consultatif nous permet d’approfondir notre réflexion et de trouver des solutions pour faire transformer les défis de notre époque en opportunités», a-t-il indiqué, par communiqué.

La réaction du premier ministre a trouvé un écho chez le Conseil du patronat du Québec.

«Nous sommes très heureux de constater que la majorité des recommandations émises vont dans le même sens que celles formulées par le CPQ au cours des dernières années», a indiqué Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ.

Pour sa part, l'Union des municipalités du Québec a qualifié d'«intéressantes» les recommandations du rapport. «Plusieurs sont d’ailleurs en lien avec les priorités de ses membres, dont l’attraction des talents et de la main-d’œuvre, le soutien à la naissance et à la croissance des entreprises, le développement de l’économie numérique et la valorisation du secteur forestier», a fait valoir l'organisme dans un communiqué.