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En chute libre

Bombardier n’a pas reçu une seule nouvelle commande ferme de C Series depuis un an.

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Comme les États-Unis représentent le principal marché pour renouveler d’ici les 20 prochaines années la flotte des avions de 100 à 150 sièges, il est donc essentiel pour la C Series d’accéder au marché américain. À elles seules, les compagnies américaines devraient acquérir quelque 2700 appareils dans cette catégorie d’avions.

La vicieuse imposition par le département du Commerce américain de droits compensateurs de 220 % sur la vente d’avions C Series aux compagnies américaines vient donc carrément bloquer pour le moment l’accès du C Series au marché américain.

Ce qui risque d’avoir des conséquences financières désastreuses sur la rentabilité du super avion C Series.

Il va sans dire que la vive contestation de ces droits abusifs, tant par Bombardier que par Québec et Ottawa, va probablement aboutir à une réduction sensible des droits compensateurs. Après tout, dans sa plainte contre la C Series, Boeing souhaitait l’imposition de droits compensateurs de 80 %.

LONG DÉLAI

Dans ce litige de Boeing contre Bombardier, le gouvernement américain a carrément l’air fou en triplant ou presque la pénalité souhaitée... Mais même si Washington devait réduire les droits compensateurs à 80 %, 50 % ou 30 %, il n’en demeure pas moins qu’un immense dommage vient d’être fait à la C Series.

Le délai requis pour régler le litige entre Washington et Bombardier empêchera les compagnies américaines d’octroyer des commandes fermes de C Series.

Et qui plus est, cela aura pour conséquence de soulever le doute sur la survie même de la C Series. Voyant que le C Series risque de ne pas avoir accès au vaste marché américain, peut-être que les compagnies aériennes des autres pays vont y penser à deux fois avant d’acquérir des C Series.

PAS DE COMMANDE...

D’ailleurs, j’aimerais signaler que Bombardier n’a pas reçu une seule nouvelle commande ferme de C Series depuis un an.

Pire encore, depuis juin 2016, le nombre total de commandes fermes a reculé, passant de 369 à 346 avions C Series à la fin de juin 2017.

Concernant maintenant le litige opposant Bombardier au département du Commerce américain, il n’y pas seulement l’aide financière accordée à la C Series par Québec et Ottawa qui fait problème.

Il est également question de « dumping » de C Series.

Là-dessus, Bombardier va devoir expliquer comment la vente ferme de 75 C Series à la société américaine Delta n’est pas reliée à du « dumping » alors que les avions lui ont été vendus en vertu de « contrats déficitaires ».

Dans le rapport financier de juin 2016, il est écrit en toutes lettres qu’une « Provision pour contrats déficitaires – d’avions C Series » de 492 millions $ avait été comptabilisée à propos des commandes de Delta et d’Air Canada lors du deuxième trimestre de 2016.

La C Series a du plomb dans l’aile.