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Couillard sème le doute sur l’avenir de la consultation sur le racisme

La défaite crève-cœur pour les libéraux dans Louis-Hébert pourrait bien avoir raison de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, du moins dans sa forme actuelle.
Photo Simon Clark La défaite crève-cœur pour les libéraux dans Louis-Hébert pourrait bien avoir raison de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, du moins dans sa forme actuelle.

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La défaite crève-cœur pour les libéraux dans Louis-Hébert pourrait avoir raison de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, du moins dans sa forme actuelle.

Tout comme plusieurs élus libéraux de la région de Québec, le premier ministre Philippe Couillard reconnaît que cet exercice controversé a contribué à la perte de ce château fort, jusqu’ici détenu par Sam Hamad.

«On a entendu le message», a assuré Philippe Couillard à son entrée au caucus libéral mercredi

S’il ne ferme pas la porte à l’annulation des consultations, le premier ministre veut trouver un moyen de consulter les communautés victimes de discrimination systémique et de racisme. «Je veux qu’on reconnecte ce qu’on fait avec les objectifs qu’on poursuit, qui sont des objectifs d’équité et de pleine participation de tous les Québécois à la société», a-t-il expliqué.

Malaise

La pression était devenue très forte sur le premier ministre après que les députés Patrick Huot et Michel Matte aient affirmé mardi que la consultation a causé, en partie, la défaite du PLQ dans Louis-Hébert.

Un autre député libéral, Raymond Bernier, a assuré que la grogne s’étend au-delà des circonscriptions de la Capitale-Nationale. «C’est plus général, ce n’est pas seulement la population de Québec», a-t-il affirmé.

D’ailleurs, plusieurs députés et ministres d’autres régions ont aussi partagé leur malaise envers la consultation au cours du caucus libéral mardi, selon les informations de notre Bureau parlementaire.

Douche froide

Malgré tout, la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, affirme que la consultation va de l’avant. «On procède», dit-elle. La Commission des droits de la personne, qui chapeaute la consultation, affirme aussi que son «mandat n’a pas changé» pour l’instant.

Mais la sortie du premier ministre a eu l’effet d’une douche froide sur les OBNL qui doivent mener les travaux locaux. «On est un peu sur les freins», dit la coordonnatrice d’Alpha Bellechasse, Céline Laflamme.

Au Conseil québécois LGBT, on reçoit ce recul avec «inquiétude». Les consultations individuelles prévues mercredi et jeudi ont été annulées, explique sa directrice générale, Marie-Pier Boisvert.

D’ailleurs, les deux organismes n’ont toujours pas signé leurs contrats avec le ministère de l’Immigration, ni reçu l’argent prévu. Si les travaux devaient être annulés, «on aurait l’impression d’avoir travaillé dans le vide», dit Marie-Pier Boisvert.

 

Ce qu’ils ont dit

« Le ministère nous a dit qu’étant donné que les ententes n’étaient pas signées, ils ne pouvaient pas nous garantir qu’ils allaient aller de l’avant. » - Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT

« Je pense que la controverse est très  politique, c’est un tiraillement entre les différents partis. » - Céline Laflamme, coordonnatrice d’Alpha Bellechasse