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Renégociation de l'ALÉNA: l'industrie agricole canadienne a les yeux rivés sur Arlington en fin de semaine

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Les acteurs de l’industrie agricole canadienne surveillent de près le processus de renégociation de l’ALÉNA en fin de semaine, s’attendant toujours à une offensive de la part des Américains.

Alors que vient de débuter la quatrième ronde de renégociation à Arlington, en Virginie, près de Washington, les négociateurs américains n’ont pas encore réclamé un meilleur accès aux marchés canadiens et ne se sont pas encore attaqués au système de gestion de l’offre canadien.

Selon ce qui a filtré des négociations, les Américains n’auraient réclamé que «plus de transparence sur la gestion de l’offre» dans le secteur laitier. Selon CBC News, si les pourparlers en matière d’agriculture sont en cours, les négociations sur l’accès aux marchés n’ont de leur côté pas commencé et seront menées à une autre table à une date ultérieure.

Quant à la question de la transparence réclamée par les États-Unis, elle porte en fait sur la controverse autour d’une récente politique canadienne en matière de prix – une réduction de prix - sur certains produits du lait vendus aux transformateurs canadiens qui désavantage les producteurs américains.

Selon le média «iPolitics» et le journal «La Terre», les Américains ont carrément réclamé que le Canada élimine la nouvelle classe de lait controversée. Les producteurs américains soutiennent que cette nouvelle classe (la classe 7) mine leur capacité à exporter au Canada des protéines du lait, dont le lait diafiltré principalement utilisé dans la fabrication du fromage.

Les fermiers canadiens sont aussi accusés par les voisins du Sud de produire trop de lait et de contribuer ainsi à faire chuter les prix mondiaux.

L’organisation Les Producteurs laitiers du Canada a constaté vendredi que la question de la gestion de l’offre n’est pas sur la table, mais s’attend à ce que les Américains demandent à un moment donné durant les négociations un meilleur accès aux marchés canadiens.

De son côté, Marcel Groleau, le président de l’Union des producteur agricoles du Québec (UPA) a indiqué à «La Terre» qu’il «doute grandement que le seul intérêt des Américains soit la transparence». «C’est clair qu’ils veulent plus que ça. Il ne faudrait pas que le gouvernement canadien se laisse prendre à ce jeu.»

Concernant la question de la classe 7 qui irrite les Américains, M. Groleau a expliqué à «La Terre» qu’«il craint qu’une perte de contrôle des classes de lait canadiennes puisse être dommageable pour la gestion de l’offre dans ce secteur».

Samedi matin, le ministre québécois de l'Agriculture, Laurent Lessard, a annoncé qu’il s’était rendu à Washington au cours des derniers jours «afin de défendre les intérêts des entreprises du secteur bioalimentaire québécois».

«La position du gouvernement du Québec a toujours été claire dans sa façon d'aborder les négociations d'accords de commerce internationaux: il faut absolument préserver notre capacité de maintenir le système de la gestion de l'offre, a déclaré le ministre dans un communiqué. Ce système, qui a fait ses preuves, procure aux producteurs la stabilité de leurs revenus et un approvisionnement fiable aux consommateurs. J'insiste sur un fait: la gestion de l'offre n'est pas négociable.»