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La pollution est une tueuse en série

Un décès sur six lui est attribuable chaque année

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La pollution est responsable d’un décès sur six par an dans le monde, soit plus que la malaria, le sida et la tuberculose combinés, d’après une étude mondiale à laquelle a participé un chercheur montréalais.

Au total, pas moins de neuf millions de personnes sont mortes prématurément de maladies causées par la pollution, en 2015. C’est 15 fois plus que toutes les guerres et autres formes de violence.

« C’est la première fois que l’on conclut que la pollution environnementale est une cause si importante de décès », souligne le professeur Niladri Basu, chercheur à l’Université McGill, qui a participé à l’étude publiée hier par la revue Lancet en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Canada privilégié

Maladies respiratoires et cardiovasculaires, cancers, malformations, la liste des maux causés par la pollution est longue, tout comme les contaminants auxquels les humains sont exposés dans l’air, l’eau, le sol et les aliments, indique le Dr Basu.

Le Canada fait figure de privilégié avec un des plus bas taux de décès causés par la pollution au monde (5,31 %), tout juste derrière la Nouvelle-Zélande (4,99 %), la Finlande (4,43 %) et la Suède (3,88 %), selon Lancet.

Toutefois, « la mortalité est un instrument statistique très grossier qui cache souvent des maladies non mortelles », prévient l’écotoxicologue Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution.

« Le Canada a de vastes zones polluées où des poches de populations sont captives d’industries polluantes », insiste-t-il. M. Green rappelle par exemple que le taux d’amiantose dans les villes de l’amiante au Québec est parmi les plus élevés au monde.

Déchets électroniques

Et si les plus affectés par la pollution sont les citoyens les plus pauvres des pays du sud, ceux du nord ne sont pas exempts de responsabilité, car la pollution traverse les frontières, souligne Niladri Basu.

Le chercheur s’intéresse particulièrement à la contamination engendrée par nos déchets électroniques. Il a passé des mois à étudier la plus grande décharge électronique du globe, à Agbogbloshie, au Ghana, où travaillent femmes et enfants.

« C’est très difficile de savoir d’où exactement proviennent ces déchets, mais ils viennent clairement des pays du nord », dit-il.

Environ 90 % des déchets électroniques de la planète sont vendus et déversés illégalement en Afrique et en Asie, selon l’ONU.