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Biz – La chaleur des mammifères: retrouver l’énergie créatrice grâce aux jeunes

Biz
Photo Jean-Yves Frenette

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Interpellé par l’importance de la littérature et l’effervescence des grandes manifs étudiantes, Biz propose cet automne un nouveau roman, La chaleur des mammifères, dans lequel il entre dans la peau d’un professeur d’université désabusé qui retrouve la flamme grâce à l’énergie des étudiants.

Fraîchement divorcé, René McKay, un professeur de littérature à l’université, a peu de contact avec son fils de 20 ans. Désillusionné, de mauvaise humeur, il s’isole du monde. Le sentiment d’avoir gaspillé sa vie est à son comble lorsqu’il présente une conférence en Suède devant un public blasé. Lorsqu’il rentre chez lui, une grève étudiante bouleverse la communauté... et lui insuffle à nouveau de l’énergie créative.

Biz, un écrivain redoutable, précis, inspiré, dépeint avec humour et cynisme le parcours de ce professeur désabusé, caricaturant au passage les étudiants et les professeurs des institutions d’enseignement supérieur.

Son préféré

Ce roman lui a demandé beaucoup de recherche, d’entrevues et de réflexion, dit-il. Sa prose évocatrice s’émaille de références à la biologie qui apportent une nouvelle dimension – et un humour fin – à l’écriture. « Je suis tombé par hasard sur un livre que mon père avait sur sa table de chevet, Le fleuve de la vie, de Richard Dawkins, qui est un tenant de la théorie de l’évolution, donc un disciple de Darwin, moderne. La prémisse, c’est que le but de n’importe quel être vivant, c’est de transmettre ses gènes. Et chaque organisme vivant a ses propres stratégies, que ce soit de la mousse dans une maison humide ou une baleine. Le titre du roman, La chaleur des mammifères, s’est imposé à la suite de cela. »

Ce cinquième livre est le préféré de l’auteur. « Dans mes autres romans, il y avait deux couches de lecture. La première couche est l’histoire d’un personnage qu’on suit, selon un point de vue — et tous mes livres sont écrits au « je ». Ensuite, toute cette histoire se place dans un contexte social, politique, qui est celui du Québec d’une époque donnée. Dans ce cas, ce sont des réflexions sur l’éducation, dans une société comme le Québec, et comment on perçoit la jeunesse. »

Un milieu qu’il connaît bien

Ce que ce livre amène de différent, ajoute-t-il, est un troisième niveau de lecture. « On place les comportements des humains dans une perspective beaucoup plus globale, qui est celle de l’évolution biologique. » Les titres des chapitres correspondent à la fois à des périodes géologiques et des étapes de la vie de René, son personnage.

Le milieu universitaire passe à la varlope. Biz rappelle que ses deux parents ont été professeurs au cégep, et qu’il a lui-même fait trois ans de baccalauréat et deux années de maîtrise. « C’est un milieu que je connais bien et que j’ai bien connu, de l’intérieur, dont j’avais le goût de témoigner. On s’imagine tout le temps que les profs sont de grands intellectuels... et on se rend compte qu’ils se battent pour des subventions et sont jaloux les uns des autres. C’est un milieu de travail un peu bébé lala malgré tout. »

Et lui, a-t-il confiance en la jeunesse ? « S’il y a une chose que j’aimerais qu’on retienne de ce livre, c’est qu’il faut avoir confiance en ceux qui nous suivent. On n’a pas le choix, comme individus, sinon on va vieillir seuls et malheureux. Comme société, on n’a pas le choix, car c’est eux qui vont trouver les solutions aux problèmes du Québec. »

  • Biz est membre du groupe rap Loco Locass.
  • Il a remporté le Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal et le Prix jeunesse des libraires du Québec en 2012 pour La chute de Sparte et le Prix France-Québec en 2015 pour Mort-Terrain.