/news/society
Navigation

Des restaurateurs interpellent le gouvernement

Ils souhaitent l’aide du fédéral pour faciliter l’arrivée de travailleurs étrangers

Arrivée à Saint-Romuald en 1980, la famille Khun-Leang est aujourd’hui propriétaire de quatre restaurants asiatiques, qui emploient plus d’une centaine de personnes. Comme plusieurs autres, ils sont touchés de plein fouet par la pénurie de main-d’œuvre et demandent des mesures d’assouplissement en ce qui concerne les visas de travail de travailleurs étrangers.
Photo Stevens LeBlanc Arrivée à Saint-Romuald en 1980, la famille Khun-Leang est aujourd’hui propriétaire de quatre restaurants asiatiques, qui emploient plus d’une centaine de personnes. Comme plusieurs autres, ils sont touchés de plein fouet par la pénurie de main-d’œuvre et demandent des mesures d’assouplissement en ce qui concerne les visas de travail de travailleurs étrangers.

Coup d'oeil sur cet article

Victime de la pénurie de main-d’œuvre, une famille de restaurateurs cambodgiens lance un appel à l’aide au gouvernement fédéral pour qu’il facilite l’arrivée de travailleurs étrangers à Québec.

« Donnez-nous une chance et ouvrez la porte aux travailleurs étrangers à Québec. Il y a plusieurs Thaïlandais qui viennent à Québec, qui veulent vivre ici, mais ils ne sont pas capables d’obtenir leur citoyenneté à temps et doivent repartir à la fin de leur visa de travail temporaire », déplore Buor Leang, fondateur du restaurant Délices d’Angkor, à Saint-Romuald.

Propriétaires de quatre restaurants asiatiques à Sainte-Foy et Lévis, la famille Leang-Khun peine à trouver des employés en cuisine depuis plusieurs mois. Une employée est même attitrée à temps plein à l’immigration, pour gérer l’arrivée de nouveaux travailleurs, pour la plupart thaïlandais.

M. Leang estime que les travailleurs thaïlandais apportent beaucoup à son entreprise, à l’heure où il est « très difficile de trouver des jeunes employés fiables » à Québec, indique-t-il. « Ils [les travailleurs thaïlandais] arrivent avec de nouvelles idées, de nouveaux plats. C’est bon pour nous, pour les clients, c’est bon pour tout le monde ! », lance celui qui, au cours des derniers mois, doit lui-même mettre la main à la pâte en lavant la vaisselle, les planchers et les toilettes, faute de personnel.

Son neveu Andy Khun, propriétaire du nouveau restaurant Panda Gourmet également à Saint-Romuald, ajoute que l’embauche de cuisiniers québécois est presque devenue impossible. « On affiche des postes tous les mois, mais il n’y a personne », indique-t-il.

La recette gagnante

Malgré tout, les restaurants admettent que plusieurs de leurs employés leur sont fidèles depuis près de 20 ans. La formule gagnante ? « Nous sommes une entreprise familiale, nous traitons nos employés comme la famille », mentionne M. Khun, en ajoutant qu’un programme d’assurances collectives est aussi offert depuis l’ouverture du premier restaurant, en 1992.

Arrivée à l’hiver 1980, après avoir été contrainte de vivre dans un camp de réfugiés thaïlandais en raison de la guerre au Cambodge, la famille Khun-Leang, composée de sept enfants âgés de 10 à 30 ans, s’est installée dans un quatre et demi de Saint-Romuald. « Il y avait des lits partout ! », se rappelle M. Leang, qui était âgé de 24 ans.

Du cœur au ventre

Malgré les nombreuses barrières de la langue, il était prêt à tout pour gagner sa vie. « C’était très difficile, nous partions de zéro, mais nous étions prêts à faire n’importe quoi », raconte celui qui avec ses frères est devenu peintre pour amasser de l’argent. En 1992, toute la famille s’est impliquée pour mettre au monde Les Délices d’Angkor. « On ne comptait jamais nos heures, on donnait notre 120 % et on travaillait sept jours sur sept », se rappelle M. Leang, en parlant de son restaurant qui est passé de 37 à 400 places.

Le Groupe Restos Phénix regroupe maintenant les quatre restaurants, soit les Délices d’Angkor, les Délices de Thaïlande à Lévis, le Calao de Sainte-Foy et le Panda Gourmet, de Saint-Romuald. La bannière emploie plus d’une centaine de personnes.