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Les libéraux veulent garder le crucifix malgré la loi sur la neutralité

Des députés libéraux souhaitent le maintien du crucifix au salon bleu de l’Assemblée nationale malgré l’adoption d’une loi sur la neutralité de l’État.
Photo d'archives Stevens Leblanc Des députés libéraux souhaitent le maintien du crucifix au salon bleu de l’Assemblée nationale malgré l’adoption d’une loi sur la neutralité de l’État.

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Le crucifix du salon bleu de l’Assemblée nationale est là pour rester malgré l’adoption d’une loi sur la neutralité de l’État, a indiqué le gouvernement Couillard.

Le crucifix du salon bleu de l’Assemblée nationale est là pour rester malgré l’adoption d’une loi sur la neutralité de l’État, a indiqué le gouvernement Couillard.

«On ne pense pas qu’il faut effacer le patrimoine historique du Québec», a lancé la présidente du caucus libéral Filomena Rotiroti mardi à la sortie du caucus de son parti.

D’autres députés ont été plus vocaux. «On vient d’adopter une loi sur la neutralité religieuse, mais on ne démolira pas les statues, on ne démolira pas les artefacts, on ne démolira pas l’histoire du Québec. On vient d’adopter une loi pour qu’on soit capable de vivre ensemble, et pas d’autre chose», a indiqué Serge Simard, qui représente la circonscription de Dubuc située au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La question du crucifix du salon bleu a refait surface la semaine dernière lorsque Québec solidaire a présenté une motion proposant que «la question du déplacement du crucifix» soit débattue au Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), sorte de conseil d’administration du parlement à Québec.

La proposition avait reçu l’appui du PQ, de la CAQ, qui était contre son déplacement, mais qui voulait bien en discuter. Sauf que la CAQ a retiré cet appui aujourd’hui, le vote n’aura donc pas lieu. «On a eu une discussion au caucus et il y a eu unanimité : on ne veut même pas en parler, on veut qu’il reste», a indiqué Émilie Toussaint, l’attachée de presse de l'aile parlementaire de la CAQ, en raison de sa valeur historique.

L’alliance entre l’église et l’État

Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié la situation de «démonstration d’incohérence de niveau olympique». «On a deux partis politiques qui prétendent appuyer l’idée de la séparation entre la religion et l'État et qui, pourtant, ont voté contre le fait d'avoir une simple discussion sur la présence du crucifix au salon bleu», a-t-il déploré.

M. Nadeau-Dubois croit que le crucifix n’a pas sa place au salon bleu, notamment parce qu’il représente politiquement «l’alliance entre l’église et l’État au Québec». «Le salon bleu est fondamental pour la démocratie québécoise. Ce n'est pas comme le mont Royal, où il y a une croix aussi. Le mont Royal, c'est là où on fait des piqueniques; le salon bleu, c'est là où on vote des lois, ce n'est pas la même chose», a-t-il ajouté.

Québec solidaire est en faveur d’un «déplacement» du crucifix, qui serait exposé ailleurs pour son caractère patrimonial. Le PQ également.

C'est le gouvernement de l'Union nationale de Maurice Duplessis qui a installé le crucifix au salon bleu à son arrivée au pouvoir.