/news/politics
Navigation

«Ti-Poil» en public, Monsieur en privé

En octobre 1977, le premier ministre Lévesque n’avait pas hésité à revêtir
le foulard et le chapeau des scouts, pour la vente du calendrier scout. Le politicien était réputé pour être près du peuple.
Photo d'archives En octobre 1977, le premier ministre Lévesque n’avait pas hésité à revêtir le foulard et le chapeau des scouts, pour la vente du calendrier scout. Le politicien était réputé pour être près du peuple.

Coup d'oeil sur cet article

Avec son éternelle cigarette au bec, René Lévesque est souvent dépeint comme un politicien chaleureux, près du peuple.

Pourtant, ceux qui l’ont connu affirment que René Lévesque était tout le contraire en privé. « On ne pouvait pas arriver avec des grandes tapes dans le dos, raconte son biographe, Pierre Godin. C’est quelqu’un qui gardait ses distances dans le privé. »

« Même dans les soirées entre amis, il était plutôt discret et évitait d’être le centre de l’attention. Mais, dès qu’il sautait dans l’arène politique, c’était un tout autre homme que le René Lévesque privé », affirme Pierre Godin.

« Ça arrive souvent chez les grands leaders. Il faut qu’ils gardent une certaine distance avec le monde, sinon, ils sont bouffés, envahis, ajoute-t-il. Mais c’était aussi sa personnalité, son caractère. »

Parties de cartes et cigarettes

« C’était un gars qui n’était pas très démonstratif, confirme l’ex-ministre péquiste Guy Chevrette. C’était un homme qui ne “familiarisait” pas avec tout le monde. »

Pour celui qui a été élu dans la vague qui a porté le PQ au pouvoir en 1976, cette distance tenait également au respect que lui vouait son équipe de députés. « Quand on parlait de lui, on disait “Ti-Poil”, mais quand on était devant lui, c’était “Monsieur” en maudit, résume-t-il. On lui vouait énormément de respect. Je ne l’aurais jamais appelé René. »

Malgré tout, il existait des moments où l’homme privé laissait tomber sa garde, comme lors des parties de cartes, lorsque l’Assemblée nationale siégeait de nuit durant les fins de session parlementaire.

Ou lorsque Guy Chevrette, whip du gouvernement, rencontrait le premier ministre (« en fumant cigarette sur cigarette ») pour l’informer des problèmes personnels que vivait un membre du caucus. « Souvent, il ne disait rien, dit Guy Chevrette. Mais après, j’apprenais qu’il avait rencontré le député en privé pour le réconforter. »