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La Catalogne ne fait pas face à de «l’oppression» de la part de Madrid, dit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard estime que le principe d’autodétermination des peuples, reconnu en droit international, ne s’applique pas à la situation de la Catalogne.
Photo Simon Clark Le premier ministre Philippe Couillard estime que le principe d’autodétermination des peuples, reconnu en droit international, ne s’applique pas à la situation de la Catalogne.

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Philippe Couillard refuse de reconnaître la déclaration d’indépendance de la Catalogne parce que la région espagnole n’est pas victime d’oppression de la part de Madrid.

Le premier ministre estime que le principe d’autodétermination des peuples, reconnu en droit international, ne s’applique pas à la situation de la Catalogne.

«Ce principe s’applique dans ces États [démocratiques] en cas de déviation manifeste, sous forme d’oppression et de négation des droits humains», ce qui n’est «pas le cas» pour la Catalogne, a-t-il déclaré dans une conférence de presse.

Philippe Couillard a tenu ces propos aux côtés du président du Pays basque, Iñigo Urkullu, une autre région autonomiste d’Espagne, en visite à Québec mardi pour signer des ententes de coopération.

«Donc, la seule solution, ce ne sont pas des déclarations unilatérales de part et d’autre : c’est la négociation et le dialogue démocratique», a poursuivi le premier ministre. Il fait valoir que le cadre constitutionnel de l’Espagne ne prévoit pas le droit à la sécession.

Référendum catalan

L’appui à la souveraineté lors du référendum catalan ne suffit pas pour déclarer l’indépendance, poursuit-il. «On peut déclarer ce qu’on veut, mais, quand la communauté internationale se prononce, elle va regarder le cadre légal et constitutionnel existant, la présence ou non de phénomènes tels que l’oppression ou la négation de droits humains, pas uniquement le résultat d’un référendum», dit-il.

Malgré un appui de 90% en faveur de la souveraineté, le résultat du référendum catalan a été entaché par l’intervention des forces policières espagnoles qui ont empêché la tenue du vote dans certains bureaux de scrutin.

Différent au Québec

S’il refuse de reconnaître l’indépendance de la Catalogne, Philippe Couillard précise que la situation est différente au Québec. «Au Canada, nous nous sommes dotés d’un cadre légal et constitutionnel qui trace la voie, dit-il. La Cour suprême, dans son interprétation, indique qu’advenant un référendum positif il devrait y avoir des négociations.»

«Alors, ce n’est pas du tout la même situation que là-bas, en Espagne, où il n’y a pas de cadre constitutionnel qui guide ce genre de processus là», ajoute-t-il.

Par ailleurs, le président du Pays basque a révélé que Madrid a refusé la main tendue par Québec qui proposait ses services de médiateur avec la Catalogne.