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Les proches aidants «meurent à la tâche»

Soins à domicile
Photo d'archives

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Les proches aidants sont à bout de souffle et « meurent à la tâche », alors qu’un proche aidant sur deux se dit épuisé physiquement et psychologiquement, selon une étude menée par l’Association des proches aidants de la Capitale-Nationale (APACN).

Réalisé auprès de 980 répondants, le coup de sonde révèle que 49 % des proches aidants de la région de la Capitale-Nationale sont hypothéqués physiquement par leurs responsabilités, alors que 57 % disent l’être psychologiquement.

À titre comparatif, à l’échelle du Québec, 47 % se sont dits être affectés psychologiquement et 36 % physiquement.

« Cri d’alarme »

« C’est un “cri d’alarme” pour que les décideurs, nos gouvernements, quels qu’ils soient, mettent en place des services à domicile mur à mur, surtout pour les maladies avec pertes cognitives », lance la présidente de l’organisme Suzanne Girard.

Le chantier est vaste, reconnaît Mme Girard. Encore faut-il que les ressources adéquates soient accessibles. Les délais d’attente de plusieurs mois sont parfois trop longs, que ce soit pour l’aidant ou pour l’aidé.

« Quand on a enfin un budget disponible, sur les 120 dossiers de répit en attente, il y en a environ 70 qui seront décédés à cause de l’attente trop longue », déplore Mme Girard.

Dans cette optique, l’aide médicale à mourir apparaît souvent comme la solution à envisager. Plus de 70 % des proches aidants considèrent cependant être peu ou pas outillés pour aborder ce sujet avec la personne malade.

« Le tsunami s’en vient. On est presque dedans. Dans 10 ans, ça va être terrible. Il est important d’agir rapidement pour assumer le vieillissement de la population et tout ce que ça va représenter au cours des prochaines années », prévient Pierre Côté, consultant à l’APACN.

Femmes à risque

Les constats tirés de cette étude sont particulièrement alarmants pour les femmes, qui représentent 64 % des proches aidants.

« Quand tu es une femme, plus ta santé financière est faible, plus tu donnes d’heures de service et plus souvent tu meurs avant l’aidé. C’est pour cette raison que ces personnes s’orientent beaucoup vers l’aide médicale à mourir. Pour se libérer », estime Suzanne Girard.

Elle entend d’ailleurs interpeller Hélène David, la nouvelle ministre responsable de la Condition féminine, à ce sujet. « Il y a beaucoup de femmes vulnérables qui paient le prix de leur vie pour cet engagement-là. »