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Gabriel Nadeau-Dubois «choqué» par une publicité «qui envoie un très mauvais message»

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois
Photo Simon Clark Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois

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Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est dit «choqué» par une publicité de la Commission scolaire de Laval (CSDL) qui, selon lui, envoie «un très mauvais message».

Publiée sur les médias sociaux, la publicité valorise la formation professionnelle avec le slogan «Pas de temps à perdre (pas de philo, pas de littérature ni d’anglais... Bref, juste ce qui te plaît!)».

Selon le politicien, cette campagne «dénigre directement la formation générale dispensée dans les cégeps du Québec» et «alimente des préjugés anti-intellectuels et frôle le nivellement vers le bas».

En prenant connaissance de cette publication, le député de Gouin a écrit une lettre à la présidente de la CSDL, Louise Lortie, afin de lui «signifier [son] désaccord profond avec cette campagne de publicité».

Gabriel Nadeau-Dubois souhaite ainsi «qu’une réflexion s’impose sur le message et les moyens utilisés dans le cadre de [cette] campagne de promotion».

Le ministre de l’Éducation s’en mêle

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a fait savoir mercredi via son compte Facebook que la publicité serait retirée.

«On vient de m’informer que cette publicité serait retirée au cours des prochaines heures suite à mes démarches réalisées depuis hier (mardi). C’était la bonne décision à prendre. La formation professionnelle doit être valorisée. La formation professionnelle n'est pas un prix de consolation. C'est un choix. C'est un parcours de réussite de premier plan qui a sa place dans notre système d'éducation. Rien ne sert d'opposer les autres parcours scolaires pour intéresser les jeunes. Nous en parlerons cet automne», a-t-il indiqué.

 

Voici la lettre de Gabriel Nadeau-Dubois dans son intégralité: 

Madame Louise Lortie

Présidente de la Commission scolaire de Laval

Dans les dernières heures, on a porté à mon attention une campagne de publicité lancée récemment par la Commission scolaire de Laval intitulée «Ma carrière se dessine» et visant à encourager les jeunes à entreprendre une formation professionnelle. « Pas de temps à perdre (pas de philo, pas de littérature, ni d’anglais... Bref, juste ce qui te plaît!) » peut-on lire sur l’affiche de cette campagne. En tant que citoyen ayant à coeur l’éducation et en tant que député de l’Assemblée nationale, je tiens à vous faire part de ma vive désapprobation à l’égard de ce message qui dénigre directement la formation générale dispensée dans les cégeps du Québec.

Certes, la formation professionnelle doit être valorisée. Elle permet à de nombreux jeunes et moins jeunes d’accéder au marché du travail et de réaliser leurs rêves. Il est donc normal et même souhaitable qu’une organisation comme la vôtre mette en oeuvre des campagnes de promotion des programmes menant à l’obtention d’un diplôme de formation professionnelle. Cependant, il est regrettable que de telles campagnes se fassent en dénigrant une institution publique d’éducation aussi importante que les cégeps ou des disciplines aussi nobles que la philosophie, la littérature et l’anglais. Le message contenu dans votre campagne alimente des préjugés anti-intellectuels et frôle le nivellement vers le bas. Cela va à l’encontre de votre mission éducative en tant que commission scolaire.

La situation est d’autant plus décevante que votre campagne est financée par des fonds publics. Je suis persuadé qu’une grande proportion de Québécois et de Québécoises, ainsi que de Lavallois et Lavalloises, désapprouve une campagne qui dévalorise aussi explicitement la formation générale. Alors que plusieurs s’inquiètent des taux de diplomation et de décrochage, le système d’éducation québécois a besoin que l’on valorise l’ensemble des parcours offerts afin que chaque jeune y trouve son compte, et non que l’on promeuve une formation en dénigrant les autres.

Je suis persuadé qu'en tant que présidente d’une importante commission scolaire vous chérissez autant que moi l’éducation citoyenne et la transmission de la culture générale. J’espère que votre organisation est tout aussi convaincue que moi qu’il est possible de valoriser la formation professionnelle sans dénigrer la formation générale. En ce sens, il me semble qu’une réflexion s’impose sur le message et les moyens utilisés dans le cadre de votre campagne de promotion.

Veuillez agréer mes sentiments les plus distingués.

Gabriel Nadeau-Dubois.