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Voici 10 curiosités sur l’histoire des élections municipales à Québec

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La saison automnale est généralement associée à la tenue d’élections. Cette année ne fait pas exception puisque nous sommes conviés à élire le maire et le conseil municipal de Québec le 5 novembre prochain.

Si la démocratie municipale peut nous apparaître peu inspirante, voire ennuyante, on ignore que son histoire regorge de faits surprenants et d’épisodes savoureux.

En voici 10 qui sont loin d’épuiser le sujet...

  1. Sans prédire le résultat de la prochaine élection, l’histoire récente joue en faveur de Régis Labeaume puisqu’aucun maire sortant de Québec n’a été battu depuis 1938. À cette occasion, Joseph-Ernest Grégoire avait été défait par Lucien Borne. 
    Lucien Borne en 1940
    Photo courtoisie, BaNQ
    Lucien Borne en 1940

     

  2. La tradition d’élire le maire et les conseillers à Québec pour une période de quatre ans n’est pas très ancienne. Au début du régime municipal en 1833, les mandats ne duraient qu’un an. Ils furent portés à deux ans en 1871 puis à trois ans en 1944. Enfin, la durée actuelle des mandats fut établie en 1968.
  3. Également, la population n’a pas toujours élu son maire. De 1833 à 1856 puis de 1870 à 1908, c’était l’apanage du conseil municipal. C’est le maire Jean-Georges Garneau qui rétablit définitivement le vote populaire en 1908. 
    Le conseil de la ville de Québec à 1909
    Photo courtoisie, Archives de la Ville de Québec
    Le conseil de la ville de Québec à 1909

     

  4. Élu à la mairie par la population en décembre 1869, Adolphe Guillet dit Tourangeau fut remplacé quelques mois plus tard par Pierre Garneau à l’initiative du conseil municipal. Tourangeau contesta cette décision en se barricadant quelques jours dans l’hôtel de ville. Il dut finalement s’incliner. 
    Siège de l'hôtel de ville en 1870
    Photo courtoisie, BaNQ
    Siège de l'hôtel de ville en 1870

     

  5. Peu de maires sont décédés en fonction dans l’histoire municipale. On connait la triste disparition d’Andrée P. Boucher en 2007. Avant cette date, Thomas Pope avait été le seul autre maire à mourir en service. Il décéda en 1863 à l’âge de 37 ans. 
    Thomas Pope en 1863
    Photo courtoisie, BaNQ
    Thomas Pope en 1863

     

  6. De nos jours, les règles de vie démocratiques interdisent à un maire de cumuler d’autres fonctions électives ou d’occuper un poste au sein d’une entreprise. On n’avait pas autant de scrupules autrefois. Par exemple, Simon-Napoléon Parent était à la fois maire de Québec (1894-1906), député de Saint-Sauveur (1890-1905), ministre (1897-1900), premier ministre du Québec (1900-1905) et président de la Compagnie du Pont de Québec. C’est sans parler de sa pratique privée d’avocat. 
    Simon-Napoléon Parent vers 1910
    Photo courtoisie, BaNQ
    Simon-Napoléon Parent vers 1910

     

  7. Depuis 1833, sept maires anglophones se sont succédé à la tête de la ville. De ce groupe figure notamment Joseph Morrin, qui fut le premier maire à être élu au suffrage populaire et qui laissa son nom à une institution du Vieux-Québec (Morrin Center). Thomas Pope s’est également distingué en favorisant la démocratisation du droit de vote et l’assainissement des mœurs électorales. Le dernier maire anglophone en date fut Robert Chambers, élu en 1878.
  8. Fait exceptionnel, les cinq maires élus entre 1938 et 2005 détiennent les mandats les plus longs dans l’histoire municipale : Jean-Paul L’Allier, 16 ans (1989-2005), Lucien Borne, 15 ans (1938-1953), Wilfrid Hamel (1953-1965), Gilles Lamontagne (1965-1977) et Jean Pelletier (1977-1989) se partagent le troisième rang avec 12 ans.
  9. À l’opposé, on compte de nombreux maires n’ayant exercé leurs fonctions qu’une année ou moins. Parmi ceux-ci se trouvent Georges Tanguay, maire pendant 48 jours (1906), William Hossack, maire pendant 56 jours (1869-1870), Télesphore Simard, maire pendant 86 jours (1927-1928) et Jacques Jolicoeur, maire pendant 106 jours (2007). 
  10. Plusieurs maires, surtout au XIXe siècle, ont été élus pour la première fois à un jeune âge : Hector-Louis Langevin, 31 ans (1858), Adolphe Guillet dit Tourangeau, 32 ans (1863), Elzéar Bédard (1833) et René-Édouard Caron (1834), 33 ans. On trouve aussi des maires qui se sont faire élire pour la première fois à un âge plus avancé. Ce fut le cas de Robert Chambers, 69 ans (1878), d’Andrée P. Boucher, 67 ans (2005) et de Joseph Morrin, 60 ans (1855).

* Les renseignements historiques dans ce texte sont tirés de Louis-Marie Côté et al., Les Maires de la Vieille Capitale, Société historique de Québec,1980, et de Réjean Lemoine, Les maires de Québec depuis 1833, Ville de Québec, 2013.

* Rédaction du texte : Jérôme Ouellet

Vous pouvez consulter le site Internet de la Société historique de Québec ici, ainsi que la page Facebook ici.