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Les taxis veulent être dédommagés pour 1 G$

Le rachat des permis de taxi pourrait coûter cher au gouvernement du Québec

Taxis, sujet consultations sur le transport, Place d Youville, Quebec, 24 aout 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo d'archives Pascal Huot «Québec doit racheter 100 % des permis», dit le président du Comité provincial de concertation et de développement du taxi, Serge Leblanc.

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Le gouvernement Couillard devra débourser un milliard de dollars afin de dédommager les propriétaires de taxis pour la présence d’Uber au Québec, prévient l’industrie.

«On va jusqu’au bout. Qu’ils rachètent nos permis et on n’en parlera plus», lance le président du Comité provincial de concertation et de développement du taxi, Serge Leblanc.

À Montréal, la valeur des permis a déjà chuté de moitié depuis l’arrivée du géant américain et pourrait bien tomber à zéro, clame Serge Leblanc. Celui-ci prend le relais de Guy Chevrette à titre de porte-parole de l’industrie du taxi, M. Chevrette ayant démissionné de ses fonctions pour des raisons personnelles.

Du côté du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), dans la capitale nationale, on rappelle que les propriétaires de permis de taxi devront non seulement être remboursés pour le coût de l’achat, mais également pour les intérêts sur cet investissement qui avoisine souvent les 200 000 $.

«La situation dans laquelle on est rendus, on ne l’a pas choisie, souligne un porte-parole du RITQ, Félix Tremblay. Elle nous a été imposée par le gouvernement Couillard.»

Le président du Comité provincial de concertation et de développement du taxi, Serge Leblanc
Photo Ben Pelosse
Le président du Comité provincial de concertation et de développement du taxi, Serge Leblanc

Compensations

Au moment d’annoncer le prolongement du projet-pilote avec Uber, Québec avait promis de dédommager les chauffeurs de taxi, une promesse réitérée récemment par le premier ministre Philippe Couillard. «S’il y a des conséquences économiques démontrées pour les chauffeurs de taxi, pour la valeur de leurs permis, on va apporter une compensation juste», a-t-il assuré.

Pourtant, en 2016, l’ex-ministre des Transports Jacques Daoust avait fermé la porte à un rachat des permis en faisant valoir les autres priorités budgétaires du gouvernement. «On ne pouvait pas enlever 1 milliard de dollars à l’éducation pour dire: on rachète des permis», soutenait-il.

Débat sur la valeur

Serge Leblanc et Félix Tremblay se basent maintenant sur cette estimation avancée par Jacques Daoust (décédé depuis) pour chiffrer à 1 milliard de dollars la compensation nécessaire à la suite de la perte de valeur des permis.

De son côté, le nouveau ministre des Transports, André Fortin, refuse de s’avancer sur le montant de la compensation à venir et rappelle qu’un comité a été formé avec le ministère des Finances et l’industrie du taxi pour explorer les façons d’aider les détenteurs de permis.

«Je veux voir avec le comité quelle est la meilleure façon avant d’embarquer dans la valeur exacte», dit-il.

Les permis de taxi

  • Le Québec compte plus de 8000 permis de taxi
  • 4438 de ces permis se trouvent sur l’île de Montréal
  • En juin dernier, la valeur d’un permis de taxi à Montréal était de 118 375 $
  • À Québec, la valeur des permis de taxi s’élevait à 144 333 $
  • En 2014, les permis se vendaient en moyenne 200 000 $