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23 800 travailleurs recherchés

Les départs à la retraite causent cette pénurie de main-d’œuvre

Les départs à la retraite préoccupent les employeurs de la région, qui auront 23 800 postes à pourvoir dans les prochaines années.
Photo stéphane bouchard Les départs à la retraite préoccupent les employeurs de la région, qui auront 23 800 postes à pourvoir dans les prochaines années.

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Le Saguenay–Lac-Saint-Jean aura 23 800 emplois à combler dans les prochaines années, dans tous les domaines d’activité économique, en raison des départs massifs à la retraite des baby-boomers.

Le vieillissement de la population devient un fardeau de plus en plus lourd à porter pour les employeurs du Saguenay et du Lac-Saint-Jean. Les entreprises doivent trouver de nouvelles solutions pour combler les emplois disponibles.

Selon les perspectives 2015-2019 d’Emploi-Québec, 95 % des 23 800 emplois disponibles dans la région le seront en raison de travailleurs qui quittent définitivement le marché du travail. La région devra, à moyen terme, renouveler 17 % de sa population active.

Les entreprises devront faire face à de nombreuses difficultés. Parmi elles, il sera de plus en plus difficile de recruter des travailleurs. La gestion des ressources humaines apportera aussi de nouveaux défis aux employeurs ; on devra embaucher des femmes dans des emplois non traditionnels et combler les besoins avec des immigrants.

Le porte-parole de Produits forestiers résolu (PFR), Karl Blackburn, partage ces constats. Il confirme que les départs à la retraite préoccupent l’entreprise pour laquelle il travaille.

« Ça fait longtemps qu’on le dit, nous aurons besoin de renouveler de 30 à 40 % de notre bassin de main-d’œuvre dans les quatre prochaines années à cause des départs à la retraite. », explique M. Blackburn. Dans la région, cela signifie qu’il faudra trouver 800 travailleurs.

PFR tente d’ailleurs de recruter des femmes pour pourvoir ces postes, qui sont pourtant bien rémunérés. « Historiquement, peu femmes ont travaillé pour nous. On fait des efforts importants avec l’aide des syndicats pour intégrer les femmes dans notre entreprise », rappelle M. Blackburn.

Karl Blackburn, Porte-parole de PFR
Photo courtoisie
Karl Blackburn, Porte-parole de PFR

 

REFUS DE CONTRAT

Certaines entreprises doivent même refuser des contrats et perdent des opportunités, faute de trouver des travailleurs. C’est le cas d’Usinage numérique plus, une entreprise spécialisée dans la confection de pièces usinées de grande précision, qui est établie à Saint-Félicien.

« On pourrait facilement donner de l’ouvrage à deux machinistes de plus », raconte un des copropriétaires de l’entreprise, Martin Jalbert. Il précise que tous les bons machinistes ont déjà un emploi et qu’il ne reçoit pas beaucoup de candidatures malgré l’affichage de ces postes.

Usinage numérique plus a entrepris des démarches avec l’organisme Portes ouvertes sur le Lac pour combler ces besoins de main-d’œuvre avec une personne issue de l’immigration.

BONNE NOUVELLE

Le défi que représente cette pénurie de main-d’œuvre n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Selon les perspectives d’Emploi-Québec, « les conditions [...] du marché du travail au Saguenay–Lac-Saint-Jean ne cessent de s’améliorer », principalement en raison de la diversification de l’économie.

Si certaines industries doivent mettre le paquet pour trouver des employés, d’autres doivent gérer l’abondance. Par exemple, Ubisoft a déjà reçu plus de 1000 CV pour les 125 emplois qu’elle compte créer.