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Protéger les victimes des représailles

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Faudrait-il interdire à un présumé agresseur sexuel de poursuivre sa victime alléguée pour atteinte à la réputation ? La question doit être étudiée par le gouvernement s’il souhaite amener les victimes à porter plainte, selon une chercheuse.

Alors que se poursuivent mercredi les consultations publiques sur le projet de loi 151 visant à prévenir et combattre les violences sexuelles dans les établissements d’enseignement supérieur, une coauteure de l’enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire (ESSIMU) compte interpeller le gouvernement sur la question des représailles.

Selon cette recherche dévoilée en début d’année, des victimes d’agressions sexuelles ne dénonceraient pas leur agresseur aux autorités par crainte de représailles, dont le recours aux tribunaux.

« Il n’y a rien qui empêche que la personne contre qui on a porté plainte porte plainte à son tour pour libelle diffamatoire. Il y a des gens qui craignent ça », illustre la chercheuse Sandrine Ricci.

Réflexion

Il importe, selon elle, de s’intéresser sérieusement à cette « problématique », sans quoi « on ne peut prétendre qu’on s’attaque à changer les cultures, les mentalités et amener les victimes à porter plainte ».

« Si en portant plainte, on sait qu’on s’expose à des représailles juridiques, à une contre-attaque qui va nous coûter beaucoup d’argent en frais judiciaires, c’est une sorte d’intimidation », illustre Mme Ricci.

Le projet de loi 151 doit forcer les campus à se doter d’une politique de lutte contre les violences sexuelles. Mme Ricci propose que cette politique prévoie une déclaration « interdisant les représailles contre les personnes qui portent plainte ». La pièce législative devrait aussi inclure des mesures disciplinaires en cas de manquement, selon elle.