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Coupe du monde: «Les astres sont alignés»

Alex Harvey est au sommet de sa forme pour entamer vendredi la Coupe du monde

Fort de son titre mondial au 50 km et de son troisième rang au cumulatif de la Coupe du monde, Alex Harvey entreprend demain sa saison cruciale des Jeux olympiques avec trois épreuves en Finlande.
Photo d'archives Pascal Huot Fort de son titre mondial au 50 km et de son troisième rang au cumulatif de la Coupe du monde, Alex Harvey entreprend demain sa saison cruciale des Jeux olympiques avec trois épreuves en Finlande.

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Champion du monde, troisième au classement général de la Coupe du monde la saison dernière et un corps au maximum de ses capacités : Alex Harvey s’attaque vendredi en Finlande à la saison la plus fébrile de sa carrière avec les Jeux olympiques comme pièce principale.

« Les astres sont alignés », nous a résumé l’athlète québécois la semaine dernière depuis Davos, en Suisse, où il peaufinait sa préparation.

Le lancement de la Coupe du monde de ski de fond à Ruka arrive au tournant le plus riche de sa vie d’athlète. D’ici à sa retraite projetée au printemps 2019, Harvey aborde les deux prochaines saisons dans un environnement qu’il qualifie d’optimal.

Tout a atteint une maturité chez lui. À la fin de la vingtaine, il arrive au pic de ses aptitudes physiologiques, un haut degré de confiance l’habite et l’équipe d’entraîneurs et de techniciens qui l’entoure « est maintenant capable de réagir à différents scénarios qui se présentent à nous », affirme le skieur de 29 ans, dont le long historique d’entraînement l’autorise à plafonner sa commande à 1000 heures durant l’année.

« C’est la première année dans ma carrière où je n’ai pas du tout augmenté ma charge d’entraînement. Dans les quatre années précédentes, j’ajoutais de 5 % à 10 % de volume par année, mais le fait de ne pas augmenter a rendu mon été plus facile. Il y avait plus de fraîcheur et toujours de la qualité à chacun de mes entraînements », a-t-il observé.

« C’était le plan pour mon année olympique et la fin de ma carrière. Ce n’est pas quelque chose que je pouvais me permettre lorsque j’étais plus jeune parce qu’il devait y avoir une progression, mais là, je suis rendu à un niveau où j’ai atteint la stabilité. »

Se tenir dans la game

Impérial à l’épreuve de 50 km des Championnats du monde en mars dernier, tout est à refaire pour lui en cette année olympique.

Les regards vers Pyeongchang en février rendent la Coupe du monde secondaire, mais Harvey entend se servir des courses des prochaines semaines pour construire son débarquement en Corée du Sud.

« Je veux me tenir dans la game, ce qui veut dire dans les 10 premiers. On a beaucoup de compétitions et on vit toujours à l’étranger, alors c’est beaucoup plus plaisant de se battre pour le podium chaque fin de semaine, même si je ne réussis évidemment pas à chaque fois. Au moins, tu fais partie de la lutte et c’est ça qui est motivant et excitant. Ça aide à demeurer positif et à garder l’équipe allumée. Ça apporte du “momentum” en vue des Jeux », prétend le Québécois.

Déjà la tête en 2019

Cette saison olympique préparera déjà l’hiver suivant. Après des stages d’entraînement de près de trois semaines en Italie à la suite du Tour de ski, la caravane canadienne participera à la Coupe du monde à Seefeld en Autriche les 27 et 28 janvier, où se joueront les Championnats du monde en 2019. L’occasion se prêtera pour prendre des notes et aussi pour s’évader un peu avant les Jeux à Pyeongchang.

« On connaît bien l’endroit pour s’y être entraîné durant les dernières années. On va faire du ski alpin, un peu de go-kart et on sera à 20 minutes d’Innsbruck, une belle ville avec des musées et de bons restos. Ça va tomber à point avant les Jeux », entrevoit Harvey.

Le mois de février nous dira si cette idée a été judicieuse...

Un psy pour que tout soit en ordre

Pour le corps et le cœur, ça va, mais il y a aussi la tête, à laquelle Alex Harvey accorde son attention.

Une dernière mise au point avec le psychologue Richard Monette avant son départ pour la saison a permis de « s’assurer que tout est en ordre ».

« C’est juste pour s’assurer que tout va bien dans la vie et que, s’il y a des affaires qui me stressent et qui tirent trop de jus, il s’agit de trouver les moyens d’éliminer ces distractions. C’est une approche vraiment complète, comme la communication avec le personnel de l’équipe, pour que tout soit positif et que les énergies soient canalisées à la bonne place », explique le meneur de l’équipe canadienne.

Approche gagnante

Harvey a cassé la croûte avec ce consultant en psychologie sportive, une rencontre à laquelle ont participé son entraîneur Louis Bouchard et Dominick Gauthier, le directeur du programme B2Dix.

Des échanges avec ce spécialiste, qui ont lieu tous les deux mois environ, sont devenus nécessaires dans un sport où les humeurs fluctuent au rythme des résultats.

« En ski de fond, il y a tellement de courses que tu ne peux pas gagner à tout coup », dit l’athlète de 29 ans.

« À part Sundby (le Norvégien) qui gagne du début à la fin de la saison, il n’y a pas grand monde qui réussit à le faire. Il faut donc trouver une façon de voir une victoire même si ton nom n’est pas le premier sur la liste des résultats. Ça aide à avoir une approche de gagnant même si la forme n’est pas à un niveau optimal. »