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Nouveau spectacle de Louis-José Houde: à la hauteur des attentes

Louis-José Houde lance son nouveau spectacle à Québec

Même avec des sujets personnels et sérieux, Louis-José Houde transforme tout en matière comique.
Photo Jean-François Desgagnés Même avec des sujets personnels et sérieux, Louis-José Houde transforme tout en matière comique.

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​Les attentes étaient énormes, et avec raison. En 15 ans, Louis-José Houde nous a habitués aux plus hauts standards de qualité dans ses spectacles d’humour. Peut-il encore se surpasser ? Il n’y a pas de doute, puisque Préfère novembre, dont la première québécoise avait lieu mercredi à la Salle Albert-Rousseau, frise la perfection.

Préfère novembre, un spectacle d’une heure quinze, sans temps mort et travaillé dans son moindre détail, n’a laissé aucun répit à un public qui, hier, était particulièrement en feu. Rarement aura-t-on remarqué autant d’applaudissements en plein one man show.

Seul avec son micro, Louis-José Houde ne réinvente pas son style et reprend sa recette déjà bien éprouvée, extrapolant toujours des détails anodins avec un doux cynisme.

D’entrée de jeu, il explique qu’il est un « novembre » : un gars tranquille qui fait l’éloge de la lenteur que procure le mois le plus gris de l’année. Il en profite à son chalet, où il doit gérer ses « tenues vestimentaires rurales » et devient un « gangster de l’ordure ».

À 40 ans, l’humoriste plutôt conservateur verse encore dans la nostalgie, « parce qu’un novembre, ça se garde à l’ancienne ». Il fait ainsi référence aux défunts cinéparcs, une activité « aussi familiale que sexuelle », aux cabines téléphoniques et se refuse aux voitures qui se conduisent toutes seules, aux téléphones intelligents et aux cafetières à capsules.

Des sujets sérieux

L’humoriste s’aventure sur plusieurs sujets personnels et sérieux. « À quel volume faut-il parler aux morts ? » se questionne-t-il dans un segment où il parle à sa grand-mère décédée, avant chaque gala de l’ADISQ. Plus tard, il est question de racisme et d’homosexualité, sans une once de méchanceté, sans jamais avoir à comprendre un deuxième degré.

Parmi les numéros les plus originaux, il faut noter son passage intelligent sur l’absurdité des glissades d’eau, et celui quand il nous exprime ses « feelings » sur ceux qui ne boivent pas d’alcool, qui ne veulent pas d’enfants et pas de voiture.

On décrète son hommage aux mères monoparentales comme étant la pièce de résistance de ce spectacle. Quel angle original pour parler de ses « meilleures dates ». « J’ai 40 ans, penses-tu que je n’en ai pas tâté de la césarienne ? »

Louis-José Houde évoque souvent sa relation avec son père, qui lui a toujours dit : « prends soin des femmes ». Un message clair tout au long du spectacle, qui lui fera d’ailleurs effleurer prudemment la question du consentement.

La deuxième fois

Beaucoup d’humoristes ont déjà exploité leur première relation sexuelle. Louis-José Houde, lui, raconte sa deuxième fois, et c’est avec ce numéro hilarant et touchant qu’il conclut un spectacle sans failles.

Côté gestuelle, Houde a ce don de susciter l’imagination du spectateur. Son mouvement d’entrée dans une cabine téléphonique, sa propre imitation de ses descentes en planche à neige, celle d’une serveuse d’un restaurant de tapas, ou de son « swing » de golf ont rendu le public hilare.

La relève en humour peut être talentueuse, nombreuse et féroce, Louis-José Houde peut dormir sur ses deux oreilles encore bien longtemps. Il est encore bien loin devant le peloton.

Louis-José Houde sera de retour à Québec pour plusieurs dates en 2018.