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La KHL délibère sur sa revanche

L’équipe nationale russe de hockey pourrait être forcée de jouer avec un chandail totalement neutre.
Photo AFP L’équipe nationale russe de hockey pourrait être forcée de jouer avec un chandail totalement neutre.

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Le scandale olympique du dopage russe fait toujours rage. Jusqu’à présent, la Russie a déjà perdu neuf des médailles gagnées à Sotchi et sa première place au classement des nations.

Cela a permis à la Norvège de monter au premier rang et au Canada de grimper au deuxième. Plus de révélations viendront sans doute et le hockey russe n’en sortira probablement pas indemne, puisque l’équipe féminine au complet (qui n’a pas remporté de médailles) est accusée de dopage. Comme tous les athlètes coupables sont bannis à vie des Jeux olympiques, le programme féminin russe pourrait s’en trouver totalement détruit.

Plus important encore, avec tous les verdicts de culpabilité prononcés par la commission spéciale du Comité international olympique (CIO), il devient de plus en plus probable que la Russie sera bannie au moins partiellement des Jeux olympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang.

Le pire scénario possible est l’exclusion générale, qui interdirait à tous les athlètes russes de participer aux Jeux. Le meilleur scénario serait la répétition de ce qui s’est produit il y a deux ans à Rio, lorsque le CIO a laissé à chacune des fédérations sportives le choix de bannir ou non les Russes (dans ce cas, si l’IIHF décide, le hockey russe sera presque certainement admis). Le résultat le plus probable, par contre, est l’exclusion partielle. Ainsi, les athlètes russes ayant réussi à prouver qu’ils n’ont aucun lien avec le programme de dopage érigé par l’État pourraient prendre part aux Jeux en tant que « participants indépendants ». Ils ne pourraient pas utiliser le drapeau russe, l’hymne national ou quelque autre chose qui les désigne en tant que représentants de leur pays.

Pas acceptable

Si cela se produit, l’équipe nationale russe de hockey pourrait être forcée de jouer avec un chandail totalement neutre, comme elle l’avait fait lors des Olympiques de 1992 en raison de la dissolution de l’Union soviétique. Elle avait gagné la médaille d’or en tant qu’« Équipe unifiée ».

Par contre, cette option ne semble pas acceptable pour la Russie. Plutôt que de subir l’humiliation de voir compétitionner des athlètes russes « neutres », les fédérations nationales et les représentants gouvernementaux de la Russie ont déjà annoncé qu’ils préféraient ne pas participer aux Jeux. Pour la KHL, cela aurait pour conséquence l’annulation de la pause olympique et l’interdiction formelle, pour tous ses joueurs, d’aller à Pyeongchang.

Si la KHL mettait ses menaces à exécution, la formation olympique du Canada perdrait 15 joueurs. La Finlande, la République tchèque, la Slovaquie et, dans une moindre mesure, les États-Unis, en souffriraient aussi. Bien qu’elle exprime ouvertement ses préoccupations, la Suède en sortirait probablement grande gagnante, puisqu’elle est moins dépendante des talents de la KHL que les autres pays. Cela ne serait pas une bonne nouvelle pour l’IIHF, qui superviserait alors le pire tournoi olympique. Cela lui ferait certainement beaucoup de tort.

Les menaces de la KHL sont largement politiques. Elles visent de façon peu subtile le CIO, à qui elle fait du chantage : « Exonérez nos athlètes et donnez-nous la permission de compétitionner, sinon... » Si la Russie ne va pas aux Jeux, la meilleure ligue de hockey du pays n’aura aucune raison de conserver la pause olympique de 33 jours à son calendrier. À ce titre, l’argument de la KHL est fondé : « Si la LNH peut empêcher ses joueurs d’aller en Corée, pourquoi ne le pourrait-on pas aussi ? »

Bien sûr, la LNH n’est redevable à aucune organisation sportive internationale et peut bien faire ce qu’elle veut. Bien que la KHL ait annoncé en 2008 qu’elle suivrait le modèle de la LNH, elle se trouve dans une situation différente. La ligue poursuit maintenant l’objectif de renforcer l’équipe nationale. À cette fin, elle est sous les auspices de la fédération russe de hockey, qui est elle-même un membre de l’IIHF. Et malgré l’amour bien documenté du président de l’IIHF, René Fasel, pour la Russie et les Russes, la décision de la KHL de se retirer des Jeux ne pourrait être tolérée.

L’IIHF a déjà indiqué que cela punirait le hockey russe et a fait marche arrière en disant qu’elle « prendra les demandes de la communauté internationale de hockey en considération ». Par ailleurs, les appels à des contre-mesures symétriques sont de plus en plus bruyants en Russie, alors que le public et les gens au pouvoir réclament une revanche. Dans toutes ces chamailleries, une chose demeure certaine : si le CIO voulait que la Russie apprenne à la dure sa leçon concernant le dopage, son objectif est très loin d’être atteint.

Échange canadien

Il y a eu un échange impliquant deux centres canadiens la semaine dernière. Le Barys d’Astana a échangé Martin St-Pierre, un joueur de 34 ans qui a disputé son dernier match dans la LNH avec le Canadien en 2013-2014, pour James Wright, un ancien des Jets de Winnipeg de 27 ans qui jouait avec l’Admiral de Vladivostok. Un drôle d’échange pour le Barys, puisque Wright est beaucoup moins productif que St-Pierre, qui a récolté 24 points en 30 matchs. Wright est plus jeune et moins cher, par contre.

Le chiffre de la semaine 18

C’est le nombre de mois qui ont été enlevés à la suspension pour dopage de Danis Zaripov. L’attaquant russe, qui a reçu une suspension de deux ans l’été dernier, a vu celle-ci réduite de six mois cette semaine, ce qui lui a permis de signer avec l’Ak Bars de Kazan.