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Un super-chien à l’écoute des enfants de la DPJ

Nana aide ceux qui ont besoin de compagnie au tribunal ou lors d’une rencontre

Chien mira centre jeunesse Montérégie
Photo Prisca Benoit Danielle Proulx est la maître-chien de Nana, formée par la Fondation MIRA et qui aide les enfants à traverser des épreuves.

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Un nouvel employé, au pelage long et brillant, a fait son entrée au Centre jeunesse de la Montérégie. Les enfants peuvent maintenant se tourner vers le chien de soutien émotionnel Nana lorsqu’ils vivent des moments difficiles.

Depuis le mois d’août, l’agente de relations humaines du Centre jeunesse de la Montérégie, Danielle Proulx, est devenue la maître-chien de Nana.

Le duo va à la rencontre d’enfants sous la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui ont besoin de compagnie, que ce soit au tribunal, au poste de police ou lors d’un rendez-vous avec un travailleur social.

On connaît surtout la Fondation MIRA pour ses chiens-guides qui aident les personnes avec une déficience visuelle.

Depuis une douzaine d’années, la Fondation élève aussi des chiens qui accompagnent des enfants vivant avec le trouble du spectre de l’autisme (TSA). Les effets sont si positifs pour ces jeunes que MIRA s’est fait approcher pour que les chiens aident d’autres enfants dans le besoin.

Le Service de police de la Ville de Sherbrooke a été le premier à accueillir un animal de soutien émotionnel. Le rôle de Kanak, le chien des policiers, est de réconforter les enfants lorsqu’ils se rendent au poste. Sa présence les apaise et rend les jeunes plus en confiance.

Depuis, la Sûreté du Québec a elle aussi adopté deux chiens pour l’est et l’ouest de la province.

Délier les langues

« Souvent, les enfants vont être plus à l’aise de parler lorsque le chien est présent », remarque le directeur général de la Fondation MIRA, Nicolas St-Pierre.

Nana a déjà aidé plusieurs jeunes à passer à travers des moments difficiles. Elle en a accompagné qui devaient se faire vacciner. Elle a aussi soutenu un enfant qui témoignait devant la Cour.

Récemment, Nana est allée au poste de police pour soutenir une fillette de 10 ans qui devait témoigner pour une enquête.

« Chaque fois que je commençais à pleurer, Nana s’approchait de moi, elle restait proche et elle m’observait », raconte-t-elle.

La jeune fille n’en était pas à sa première visite au poste de police. Elle avait déjà dû s’y rendre par le passé pour raconter son histoire.

« Les premières fois, je trouvais ça plus stressant, j’avais peur, avoue-t-elle. Quand j’ai appris qu’il y allait avoir un chien, je me suis sentie mieux. »

Danielle Proulx, qui exerce son métier d’agente de relation humaine depuis 34 ans, a remarqué que les petits sont plus calmes et souriants depuis que Nana la suit dans son travail.

Émotions

« Les chiens ressentent les émotions que les humains vivent et ne les jugent pas, estime-t-elle. Ça aide les enfants à s’ouvrir plus facilement. »

L’entraînement pour les chiens de soutien est le même que ceux d’assistance aux enfants TSA. On leur apprend à concentrer toute leur attention sur les jeunes.

« Ce sont des chiens ultra-calmes, stables et qui sont capables de circuler même avec plusieurs personnes », décrit Nicolas St-Pierre.

Le projet pilote avec le Centre jeunesse est en place depuis cinq ans. Comme il s’agit d’un chien de travail, il en coûte 3000 $ par année au Centre, contrairement aux animaux d’assistance pour les déficiences visuelles ou physiques qui sont donnés. Cette somme a été couverte à l’aide de donateurs.

Qui est Nana ?

  • Labernois de 17 mois
  • Élevée dans une famille d’accueil à Sainte-Julie pour sa socialisation
  • Seulement les enfants et ses maîtres peuvent la caresser
  • Enjouée et démonstrative, parfois même un peu tannante
  • Très grande tolérance au toucher

Où trouve-t-on des chiens de soutien émotionnel au Québec ?

  • Corps de police: 1 à Sherbrooke et 2 à la Sûreté du Québec
  • Écoles primaires: 2 à Québec et 2 en Montérégie
  • Centre jeunesse de la Montérégie : 1
  • La Maison du Père (Montréal) : 1