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Inquiétude face aux lames de 6 cm dans les avions

Des voyageurs ne sont pas à l’aise avec la nouvelle réglementation canadienne

Micheline Dubé et Daniel St-Jacques ne sont pas rassurés de savoir que des voyageurs pourront désormais monter à bord d’un avion avec une petite lame dans leur poche à la suite des changements de règlement du ministre des Transports du Canada.
Photo Prisca Benoit Micheline Dubé et Daniel St-Jacques ne sont pas rassurés de savoir que des voyageurs pourront désormais monter à bord d’un avion avec une petite lame dans leur poche à la suite des changements de règlement du ministre des Transports du Canada.

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Des voyageurs et agents de bord sont inquiets de voir les lames de 6 centimètres et moins être autorisées à bord des cabines des avions canadiens depuis lundi.

« Est-ce qu’il va falloir apporter notre propre lame pour se protéger ? », lance sans hésiter Daniel St-Jacques, un homme de l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil, qui partait en vacances au Mexique à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Depuis lundi, les lames de 6 centimètres et moins sont acceptées à bord des vols intérieurs et internationaux du Canada, à l’exception des États-Unis où elles sont proscrites. Les lames de rasoir non rangées et les découpoirs sont toujours interdits.

Terrorisme

Selon M. St-Jacques, le nouveau règlement adopté par le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, ne tient pas compte du contexte de terrorisme.

« Le gouvernement ne nous protège pas assez », croit sa femme, Micheline Dubé.

« J’aime mieux qu’il n’y en ait pas, estime un autre passager, Chris Warnock, de Beaconsfield­­­. Si j’ai besoin d’une lame quand j’atterris, je m’arrange pour m’en procurer une sur place. »

International

Des passagers internationaux n’étaient pas au courant du nouveau règlement.

« On ne sait pas qui peut se retrouver avec une lame, constate Aidan Kelty, un Australien en transit après un voyage à Washington. On ne peut pas y faire grand-chose, mais ça reste inquiétant. »

Plusieurs voyageurs ne comprennent pas pourquoi cette restriction est levée, tandis que d’autres produits, comme les bouteilles de liquide de 101 ml et plus, sont toujours interdits.

Les anciennes règles étaient « prudentes et responsables », selon le porte-parole de l’Association des pilotes d’Air Canada, Christopher Praught, qui représente 3600 pilotes canadiens,

« Ces nouvelles normes de sécurité ne sont maintenant plus harmonisées avec celles des États-Unis, ce qui risque de créer de la confusion et des complications pour les voyageurs transfrontaliers », dit-il.

Des agents de bord trouvent aussi que le nouveau règlement n’a aucun sens. Ils ont témoigné anonymement par crainte de représailles de la part de leurs employeurs.

« Il y a une inquiétude générale, a fait savoir une première agente. On a une formation en sécurité, mais à 35 000 pieds dans les airs, nos ressources sont limitées. »

Elle ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a pas consulté les agents de bord avant de prendre cette décision.

« Ça prend cinq secondes d’inattention pour qu’il arrive quelque chose », rapporte un second agent.

Porte blindée

Des pilotes se sont dits, quant à eux, peu préoccupés par ces nouvelles normes.

« Moi, ça ne me dérange pas, parce que je suis derrière une porte blindée, commente l’un d’eux. Mais est-ce que ça a vraiment du sens ? »

Quelques voyageurs ont toutefois mis un bémol sur cette inquiétude.

« On peut faire autant de dommage avec une fourchette ou un coup de poing qu’avec un petit couteau », croit Élisabeth Dupuis, de Saint-Césaire.