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Prostitution juvénile: l’opération Scorpion, 15 ans plus tard

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Il y a 15 ans, la ville de Québec était secouée par un coup de filet sans précédent de son service de police mettant au jour deux réseaux de prostitution juvénile.

Lors de l’opération Scorpion, en décembre 2002, le Service de police de la Ville de Québec a procédé à l’arrestation de 16 proxénètes qui contrôlaient 70 mineures de 14 à 17 ans qui offraient leurs services sexuels moyennant rétribution.

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Quinze clients ont subi le même sort, dont plusieurs figures connues. Parmi elles, l’animateur vedette Robert Gillet, son partenaire Yves Doyon, l’ancien président du Carnaval de Québec Yvan Cloutier, de même que le propriétaire d’une chaîne de pharmacies et des restaurateurs.

Robert Gillet, le 17 décembre 2002
Photo d'archives, Jean-Claude Angers
Robert Gillet, le 17 décembre 2002

La mise au jour de cette affaire avait suscité la colère et l’indignation dans la Vieille Capitale si bien que son maire, Jean-Paul L’Allier, avait admis qu’une «odeur de purin» flottait sur sa ville.

L’enquête a parmi d’apprendre que les réseaux de prostitution juvénile étaient contrôlés par le gang de rue Wolfpack de même que par une organisation libanaise. Les clients payaient 100 $ l’heure et 1000 $ pour passer une nuit avec une mineure, alors que les proxénètes gardaient 40 % des revenus.

La présumée tête dirigeante du Wolfpack a finalement été condamnée à six ans de pénitencier. Robert Gillet, trouvé coupable au terme de son procès déplacé à Montréal en raison de la couverture médiatique, a pour sa part écopé de 30 jours de prison avec sursis et de 40 heures de travaux communautaires.

L’opération Scorpion a cependant laissé des traces qui ont longtemps marqué la ville de Québec. Parmi elles, les rumeurs d’autres personnalités possiblement impliquées, mais jamais arrêtées. À l’époque, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec avaient fait pression sur le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, pour rouvrir l’enquête, ce qu’il a refusé de faire pour ne pas nuire aux procédures judiciaires. Dans le même ordre d'idée, le mouvement «Que l'on continue» avait été créé et une pétition avait circulé, le tout culminant par une manifestation de 500 personnes devant l'hôtel de ville de Québec en novembre 2003.

Quinze ans après l'opération, le Service de police de la Ville de Québec nie avoir eu des pressions politiques pour ne pas terminer le travail.

«Je me souviens des rumeurs à l’époque, mais non, absolument pas. Au contraire, on était très bien appuyés par notre direction de l’époque et il n’y a pas eu d’ingérence à ce moment-là. Oui, il y a eu beaucoup, beaucoup de rumeurs, mais on s’entend que nous, les policiers, on travaille avec des faits», raconte la lieutenante-détective Nathalie Thériault.