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Un disque dans l’air du temps pour Mononc’ Serge

Mononc’ Serge
Photo Didier Debusschère Mononc’ Serge

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Avec Révolution conservatrice, Mononc’ Serge a décidé de mettre de côté les chansons inspirées par l’actualité et celles où l’on retrouvait des attaques et des moqueries à ­l’endroit de certaines personnes. Un nouvel album, ­précise-t-il, qui est plus dans l’air du temps et qui reflète certaines de ses préoccupations.

« Je ne voulais plus faire ce genre de choses », a-t-il laissé tomber, lors d’un entretien, dans un café de la basse-ville de Québec.

Est-ce que Mononc’ Serge se serait assagi ?

« Je pense que oui. Je ne me suis jamais dit : là, je vais m’assagir. Je suis, disons, moins mongol que lorsque j’avais 30 ans », a-t-il précisé en éclatant de rire.

Dans ce 12e album studio lancé le 1er décembre, Serge Robert aborde la crise des valeurs québécoises, l’incohérence, la Bible, les chums qui sont tout croches, l’indifférence des gens qui choisissent d’être en retrait de la langue, de la transgression des règles, des morons et du gouvernement qui souhaite endormir les gens. C’est coloré, cinglant et, comme toujours, trempé dans le vitriol.

« Ce sont plus des chansons qui sont dans l’air du temps que des chansons qui parlent de l’actualité. Je me tiens au courant des événements et des débats qui ont cours dans la société et je pense que ça paraît dans mes chansons », a-t-il dit.

Moins trash

Mononc’ Serge avoue être moins dans le comique et dans le trash que par le passé.

« Il y a des choses, sur mon album Mon voyage au Canada, qui étaient trash sans bon sens. Je ne me suis jamais dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de moins trash, mais j’ai dévié un peu de cette voie-là. Je change et je vieillis », a-t-il fait remarquer.

Il avoue qu’il aimait bien, à l’époque, avoir un ton délibérément provocateur.

« Je suis moins comme ça aujourd’hui. Il y a des choses que j’ai dites dans le temps que je ne crois pas que je pourrais dire aujourd’hui », a-t-il expliqué, précisant qu’il ne s’empêchait pas de dire des affaires.

Mononc’ Serge souhaitait au départ poursuivre avec des chansons ­d’actualité, comme celles que l’on retrouve sur le disque Mononc’ Serge 2015. Il y avait, indique-t-il, encore de la matière à explorer.

« J’ai commencé à écrire ce genre de chansons et je n’étais pas satisfait des résultats. Ça me tentait un peu moins de travailler de cette façon. Ce genre de chansons est l’fun à faire sur le coup et fait réagir les gens, mais elles sont aussi plus périssables », a-t-il lancé.

Les centres d’achats

L’ex-Colocs a ensuite eu l’idée de faire un album autour de la thématique des centres d’achats, avec des titres comme Rossi, Walmart et PFK.

« J’ai commencé à faire ça et d’autres idées sont apparues avec des chansons qui n’avaient pas de thématique précise. Je trouvais que j’arrivais à de meilleurs résultats sans avoir à me contraindre à un sujet particulier », a-t-il expliqué.

La thématique des centres d’achats l’amuse beaucoup et il n’a pas du tout abandonné l’idée de mener à terme ce projet.

« La pièce Énergie Cardio, que l’on retrouve sur Révolution conservatrice, est issue de cette démarche », a-t-il fait savoir.

Les musiques du nouvel album ont été écrites en collaboration avec le guitariste Peter Paul et le batteur Ugo Di Vito.

« J’ai envoyé une quinzaine d’ébauches de chansons aux musiciens et on a jammé ça, dans tous les sens, dans le local de répétition. Le défi était d’arriver à quelque chose qui soit inédit et sans me dénaturer. J’ai l’impression d’avoir fait un album qui se tient, qui est valable, qui s’inscrit dans la lignée de ce que je fais et qui s’en va un peu ailleurs », a-t-il mentionné.

Au jour le jour

Serge Robert, qui a 20 ans de carrière en solo, dit vivre cette aventure au jour le jour. Il ne regarde pas vraiment vers l’avant. Il ne sait pas ce qu’il fera à 67 ans.

« Je vis la vie que je rêvais de faire lorsque j’avais 17 ans et que je jouais de la basse dans ma chambre chez mes parents. Je rêvais de faire de la musique et je gagne ma vie avec ça correctement. C’est quand même toute une chance que j’ai. Je ne regarde pas trop loin en avant, parce que je ne sais pas ce qui va arriver », déclare-t-il.


► Mononc’ Serge est en spectacle le 29 décembre au Café Campus de Montréal et le 30 décembre au Cercle à Québec.