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La même menace

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Photo AFP Les Sénateurs jouent régulièrement devant des sièges dégarnis au Centre Canadian Tire.

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On a toujours pensé que les équipes canadiennes sont implantées à jamais dans leur ville respective mais voilà que c’est au tour du propriétaire des Sénateurs d’Ottawa de parler de la possibilité d’un déménagement.

Eugene Melnyk a évoqué cette possibilité devant le parlement canadien, l’endroit parfait pour lancer un message à la Commission de la capitale nationale (CCN), avec qui il tente de s’entendre pour la construction d’un amphithéâtre de 18 000 sièges au centre-ville.

On sent que les négociations entre les deux parties traînent de la patte présentement. En lançant des menaces vendredi, Melnyk a décidé de passer aux actes. C’est classique dans le monde du sport et personne ne doit se surprendre de ce genre d’attitude, surtout que pour la première fois depuis presque 20 ans, des options s’offrent aux propriétaires mécontents de la Ligue nationale.

Assistances en baisse

Melnyk est frustré parce que non seulement son projet d’amphithéâtre au centre-ville d’Ottawa bat de l’aile, mais en même temps, malgré les récents succès en séries le printemps dernier, il constate une baisse marquée des foules au Centre Canadian Tire.

La moyenne des assistances au domicile des Sénateurs est maintenant de 15 281 spectateurs (baisse de 9 % par rapport à la saison dernière et de 15 % si on compare avec la saison 2015-2016), ce qui situe la formation d’Ottawa au 25e rang dans la LNH. Le Centre Canadian Tire n’est plein qu’à 81 % de sa capacité depuis le début de la saison et le propriétaire des Sénateurs commence à en avoir assez du manque d’appui pour son équipe, qui a une masse salariale de 73 millions de dollars américains.

Problème des Flames

À Calgary, le problème est différent. Les Flames remplissent le Saddeldome à tous les matchs et l’organisation fait beaucoup d’argent. Mais pas autant qu’elle devrait en faire normalement parce que le Saddledome se fait vieux et bien des artistes ne peuvent performer dans cet amphithéâtre parce que le plafond est trop bas.

Le maire de la ville, Naheed Nenshi, et le propriétaire des Flames, Murray Edwards, se livrent un véritable bras de fer sur la construction d’un nouvel amphithéâtre, sur son emplacement et sur le montant que la Ville va verser pour que le projet se réalise. Évidemment que les Flames regardent du côté de Québec, où le Centre Vidéotron a été construit avec l’argent des contribuables. On aimerait bien avoir le même genre d’entente mais ce sera impossible, ce qui fait en sorte qu’il est envisageable que les Flames déménagent.

Pas seulement Québec

Je le disais un peu plus tôt, pour la première fois en 20 ans, il y a des alternatives qui s’offrent aux propriétaires de la LNH. Pendant plusieurs années, on parlait de la possibilité que Kansas City accueille une équipe mais tout le monde savait que ce projet n’était pas sérieux. Aujourd’hui, c’est différent. Québec a son amphithéâtre depuis un peu plus de deux ans et aimerait bien accueillir une des 31 formations de la ligue. Il est clair que si les Sénateurs ont à déménager, Québec sera la première ville contactée.

Mais il y a d’autres alternatives qui s’offrent aux Sénateurs et aux Flames. Houston pourrait accueillir la formation de Calgary demain matin et la possibilité que l’équipe déménage existe vraiment, surtout qu’il semble assez clair que le commissaire de la LNH, Gary Bettman, ne s’y objectera d’aucune façon. C’est sans compter la ville de Seattle qui pourra accueillir une équipe dans trois ou quatre ans.

Est-ce que le Canada aura deux équipes de moins de la LNH d’ici cinq ans ?

Ce serait surprenant, mais la menace existe vraiment et c’est pourquoi la pression est forte sur les élus à Ottawa et à Calgary pour en arriver à un terrain d’entente.

L’effet domino

Lors d’une conversation avec l’agent de John Tavares, Pat Brisson, la semaine dernière, il n’a pas nié que l’avenir de son client à Long Island est fort probablement lié à l’arrivée d’un nouvel amphithéâtre. « Les Islanders ont un nouveau complexe d’entraînement qui est superbe, à souligné Brisson. Les nouvelles sur le nouvel amphithéâtre auront un effet domino. » Justement il est possible qu’on ait du nouveau à propos de ce projet d’ici là fin du mois et non au début du mois de janvier, comme on le croyait au départ. C’est l’État de New York qui prendra une décision finale entre un nouvel amphithéâtre ou la construction d’un stade de soccer au Belmont Park.

Calmer la tempête

Lorsque Pierre Dorion s’est présenté devant les médias à Ottawa avant le match de mercredi, il n’avait qu’une idée en tête : protéger son entraîneur. Il n’y a pas qu’à Montréal qu’il y a parfois des débordements dans les médias après une série de défaites. Les Sénateurs n’avaient gagné qu’un seul de leurs 13 derniers matchs lorsque Dorion a rencontré les journalistes. Il voulait surtout s’assurer que Guy Boucher ne soit plus la cible des critiques. Le directeur général des Sénateurs est convaincu qu’il a un très bon entraîneur sous la main et que les problèmes de sa formation n’ont rien à voir avec ce qui se passe derrière le banc. Il n’a pas tort. D’ailleurs, lorsqu’on regarde les prouesses de Craig Anderson au cours des deux derniers matchs des Sénateurs, on comprend un peu plus ce qui ne fonctionnait pas avec cette équipe qui accordait trop de mauvais buts.

Gel des échanges

Comme le veut la tradition, il est impossible de transiger pendant la période des fêtes. Le gel débutera à compter de minuit demain et se terminera le 28 décembre. Il sera intéressant de voir si quelques équipes vont tenter de faire une transaction d’ici demain soir, alors que la période des Fêtes est aussi cruciale pour certaines équipes, dont le Canadien, qui entamera demain un périple dans l’Ouest canadien. Il y aura aussi trois journées sans match, soit les 24, 25 et 26 décembre. Il est en outre interdit aux équipes de demander à leurs joueurs de patiner durant ces trois journées de congé.