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Un quartier résidentiel de rêve?

Catherine McKenzie
Photo courtoisie, Karine Patry Catherine McKenzie

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Que savons-nous des gens qui se trouvent dans notre entourage ? Tout ou... rien ? L’avocate et romancière montréalaise Catherine McKenzie explore le parcours difficile d’une famille s’installant dans une nouvelle ville dans Les nouveaux voisins. Julie et Daniel cherchent quiétude et anonymat... mais c’est plutôt un cauchemar qui les attend.

Ce suspense psychologique captivant a connu beaucoup de succès au Canada anglais et chez nos voisins américains. Catherine raconte l’histoire déroutante de Julie Prentice, une écrivaine, de son mari Daniel et de leurs jumeaux de six ans. Ils déménagent à Cincinnati, dans l’Ohio, pour échapper à une femme qui harcèle Julie sans arrêt depuis la publication de son roman, Le jeu de l’assassin.

Le quartier charmant de Mount Adams est-il l’endroit parfait pour orchestrer une nouvelle vie, dans l’anonymat ? Pour faire son jogging en paix ? Pour retrouver une paix d’esprit ? C’est loin d’être certain... puisque Julie et sa famille se retrouvent encore dans la mire. Julie compte sur son nouveau voisin, John, pour se faire un allié. Une idée qu’elle va regretter.

Catherine McKenzie, une auteure talentueuse qui s’est fait connaître du public francophone avec ses romans Sur mesure, Oubliée et Ivresse, s’est fait plaisir en imaginant ce suspense où les coups bas et les mensonges défilent à toute allure. Un roman qui contient d’ailleurs... le roman de son héroïne Julie, The Murder Game.

Trame efficace

La trame à rebours est particulièrement efficace. « La double structure m’attirait beaucoup, commente l’auteure. J’avais une idée de deux horloges dans ma tête : une horloge d’une journée de 12 heures et une autre d’une année. J’aime aussi qu’il y ait deux personnages qui racontent l’histoire d’une même personne. John, le personnage masculin, relate aussi l’histoire de Julie et je trouve intéressant d’avoir deux perspectives sur les mêmes événements. »

Elle souhaitait travailler sur la thématique du stalking et des dérives des réseaux sociaux. « C’est certain que les personnalités publiques font face aujourd’hui à quelque chose dont il n’était pas question il y a 25 ou 50 ans. Les gens ont accès aux écrivains sur Facebook ou Twitter, chose qui n’existait pas auparavant. Autrefois, ils devaient écrire une lettre. Maintenant, je reçois parfois des courriels dès que mon livre est sorti... »

Elle avait en tête Gillian Flynn, l’auteure de Gone Girl. « Souvent, les gens pensent que les écrivains écrivent sur leur propre vie... Alors quand on écrit quelque chose qui explose, qui change ta vie de manière importante, les gens nous perçoivent différemment – tant ceux qui ne nous connaissent pas que ceux qui nous connaissent. »

Suspense

Elle voulait explorer ce thème, et tous ses liens d’ordre psychologique, dans le contexte d’un suspense. « Ça crée aussi le suspense parce que le personnage de Julie n’est pas fiable – en partie à cause de ses propres comportements, mais en partie aussi du fait qu’elle a écrit un livre où les personnages ne sont pas fiables. »

On constate que c’est bien difficile de vivre dans l’anonymat. Dès que Julie arrive dans le nouveau voisinage, à Cincinnati, les voisins se pointent. « Même dans une grande ville, c’est difficile de vivre dans l’anonymat. Mais Julie est parfois sa pire ennemie : c’est elle qui dévoile son nom... alors que personne ne reconnaît son visage. »


► Catherine McKenzie est diplômée de l’Université et de l’école de droit de McGill et pratique le droit à Montréal.

► Ses romans précédents sont tous des best-sellers.

► Son premier roman écrit sous le nom de Julie Apple (l’héroïne de Les nouveaux voisins), The Murder Game, a été publié en anglais en 2016.

► Son huitième roman sera publié en avril 2018.

 

Extrait

<b><i>Les nouveaux voisins</i></b><br />
Catherine McKenzie<br />
Éditions Michel Lafon, 428 pages
Photo courtoisie
Les nouveaux voisins
Catherine McKenzie
Éditions Michel Lafon, 428 pages

« Je n’étais jamais allée à Cincinnati avant que nous nous installions ici, ce qui, je dois l’admettre, faisait partie de son attrait. Partir pour un endroit entièrement nouveau, vierge de mon passé, semblait être la meilleure solution face au désastre qu’était devenue ma vie. J’avais passé des semaines à étudier les cartes de la région avant de déménager, pour pouvoir me repérer et débuter ma nouvelle vie sans entrave. »

— Catherine McKenzie, Les nouveaux voisins

 

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