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Test de dépistage auditif pour tous les bébés naissants au CHUL

Le programme québécois annoncé en 2009 débarque finalement à Québec

Le Programme québécois de dépistage de la surdité chez l
Photo courtoisie

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Plus de huit ans après l’annonce du gouvernement libéral de la mise en place progressive d’un programme universel de dépistage de la surdité chez les nouveau-nés partout au Québec, le programme vient finalement de prendre son envol au CHUL.

Depuis le 4 décembre, les parents de tous les bébés qui naissent au CHUL ou qui séjournent aux soins intensifs dans leurs premiers jours de vie peuvent bénéficier de ce test dans le cadre du Programme québécois de dépistage de la surdité chez les nouveau-nés (PQDSN).

Le CHUL fait partie de la phase 2 du programme, implanté d’abord lors de la phase pilote au CHU Sainte-Justine, puis au Centre hospitalier régional de Lanaudière, à l’Hôtel-Dieu de Sorel et à l’hôpital Pierre-Boucher à Longueuil.

Sans danger

Proposé à tous les parents sur une base volontaire, le test se fait dans les premières heures de vie du bébé. Il s’effectue en quelques secondes, alors qu’une sonde est « déposée » dans l’oreille du nourrisson.

« C’est sans douleur et vraiment sans danger. On a le résultat tout de suite et on le dit aussitôt aux parents. Ils sont surpris que ça aille aussi vite », mentionne l’audiologiste Nadie Savard.

« On envoie un son faible dans l’oreille du bébé et quand les cellules de l’oreille fonctionnent – soit dans 98 % des cas –, ça nous envoie une réponse, et c’est ce que notre appareil capte. »

Quatre infirmières auxiliaires ont été formées au CHUL pour effectuer ce test de dépistage auditif.

Entendre dès 6 mois

Si ce dernier n’est pas réussi, d’autres examens sont effectués par des spécialistes pour établir, s’il y a lieu, un diagnostic avant l’âge de trois mois.

« L’ultime objectif, c’est d’être capable de faire des interventions correctives tôt pour permettre au bébé d’entendre (à l’aide d’appareils auditifs) à l’intérieur du premier six mois de vie, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de déficit au niveau du développement du langage », notamment, explique Jackie Chouinard, coordonnatrice à l’implantation du PQDSN au CHU de Québec.

Quatre à six bébés sur 1000 naissent avec une surdité de différents degrés.

Retard d’implantation

Quant aux délais d’implantation du programme, la porte-parole du ministère de la Santé, Noémie Vanheuverzwijn, admet que « les objectifs de départ étaient ambitieux en termes de rapidité de mise en place ».

« Ça se passe moins vite que tous les intervenants du milieu, je pense, l’auraient cru. [...] Moi, ça fait depuis 2010 que je dis à chaque cohorte d’étudiants qui passe dans ma salle de classe que ça va être implanté “incessamment” », soulève Louise Duchesne, professeure au département d’orthophonie à l’UQTR, qui voit l’arrivée du PQDSN au CHUL comme une « bonne nouvelle pour les parents ».

« On espère que ça va accélérer un petit peu. Maintenant, l’important, c’est que ce soit bien fait », affirme la directrice générale par intérim de l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs (AQEPA), Claire Moussel.

Le programme doit éventuellement être offert à l’hôpital Saint-François-d’Assise, mais le ministère de la Santé indique qu’aucune date n’est encore déterminée.

Le CHU de Québec sera également appelé à être le centre formateur et le centre diagnostique pour tous les centres accoucheurs de l’est du Québec.

Programme québécois de dépistage de la surdité chez les nouveau-nés

Le 16 juillet 2009, le ministre libéral de la Santé, Yves Bolduc, annonçait la mise en place graduelle du programme dans tous les centres accoucheurs du Québec, à compter de l’automne 2010.

Actuellement implanté dans seulement cinq centres au Québec

Au moins une douzaine de centres offrent le dépistage systématique hors programme (et s'y grefferont éventuellement).

En processus d’implantation au Centre universitaire de santé McGill et au CHU de Sherbrooke.