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Difficile les Fêtes pour les gens coincés chez eux

personnes seules isolées
Photo Prisca Benoit Claude Rouleau, 59 ans, est atteint d’une maladie pulmonaire qui l’empêche de sortir de chez lui pour aller visiter famille et amis.

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Le plus beau cadeau qu’on pourrait offrir à Claude Rouleau pour Noël, c’est une nouvelle paire de poumons qui lui permettrait de briser l’isolement.

« C’est la vie, les poumons, mais moi, je n’en ai plus de vie depuis que je suis malade », se désole l’homme de 59 ans qui souffre de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) depuis quatre ans.

La solitude s’est imposée à ce résident du quartier Ahuntsic à Montréal à cause de sa maladie, si bien qu’il ne verra personne lors du réveillon de Noël.

Isolement

Les incapacités physiques comme celle de M. Rouleau sont une grande source d’isolement social chez les aînés, selon le rapport sur l’isolement social des personnes âgées du Conseil national des aînés.

Ces contraintes ont tendance à augmenter en vieillissant, avec le tiers des 65 ans et plus qui ont au moins une incapacité.

Pour sa part, Gisèle Jolivet, 74 ans, montre une photo de son mari décédé. Celle qui se déplace avec une marchette se sent seule.
Photo Prisca Benoit
Pour sa part, Gisèle Jolivet, 74 ans, montre une photo de son mari décédé. Celle qui se déplace avec une marchette se sent seule.

Gisèle Jolivet passerait aussi son Noël seule si ce n’était pas de sa cousine qui lui a offert de l’accompagner. La dame de 74 ans se déplace en marchette depuis bientôt quatre ans et ne peut quitter son appartement en raison des escaliers.

« Il y a 27 marches, je les ai toutes comptées ! », lance la dame, exaspérée.

Sans enfant, elle vit seule depuis le décès de son mari, il y a trois ans, dans un grand 4 et demi d’Ahuntsic. Elle y habite depuis 24 ans.

Prendre une marche

« Si au moins j’étais capable d’aller prendre une marche, parler un peu à mes voisins. Tout le monde me connaît dans le coin, ça me désennuierait. »

Mme Jolivet s’ennuie de pouvoir sortir, surtout l’hiver quand le pavé est enneigé. À Noël, c’est de danser sur les airs des rigodons qui lui manque le plus. Au moins, elle reçoit quelques visites par semaine et discute régulièrement avec ses cousines.

Claude Rouleau n’a pas autant de chance.

« Des fois, je vois une personne ou deux par mois, confie l’homme. À certains moments, j’ai été seul dans mon appartement pendant près de trois mois. »

Si M. Rouleau ne sort pas plus souvent, c’est parce que le souffle lui manque rapidement avec seulement 26 % de sa capacité pulmonaire.

« Au moindre effort, je suis essoufflé. Avant, j’allais voir ma sœur à Saint-Jérôme. Je prenais l’autobus et le métro, puis le train. Maintenant, oublie ça, monter toutes ces marches-là. »

Qualité de vie

Même si les Québécois vivent de plus en plus vieux, la qualité de vie des personnes âgées ne grandit pas au même rythme, se désole le gériatre David Lussier de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

« On se retrouve forcément avec de plus en plus de personnes âgées avec des incapacités physiques qui sont coincées chez elles », constate-t-il.

Selon l’expert, le temps des Fêtes est une période particulièrement ardue pour les gens seuls, puisqu’il est synonyme de rassemblement dans les familles.

« C’est d’autant plus difficile pour ceux qui ne peuvent pas sortir de chez eux, parce que, même s’il y a des activités, ils ne peuvent simplement pas s’y rendre. »