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Inondations : année difficile pour les sinistrés

Pier-Luc Cauchon, sinistré
PHOTO AGENCE QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT Pier-Luc Cauchon, sinistré

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Les inondations historiques du printemps ont bouleversé la vie de plus de 5000 familles québécoises. Sept mois plus tard, des sinistrés demeurent toujours dans l’incertitude quant à l’avenir de leurs maisons.

« Les premiers trois mois, j’étais encore affecté par le choc. Je réalisais plus ou moins ce qui se passait. Je ne sais pas si j’ai fait une dépression, mais je pense que oui », a lancé Richard Théôret, un résident de l’île Bizard.

Pier-Luc Cauchon, sinistré
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En mai dernier, sa maison a été envahie par les eaux des crues de la rivière des Prairies. Au plus fort des inondations, l’eau s’est élevée au rez-de-chaussée, entraînant des dommages considérables. Sa conjointe et lui logent à l’hôtel depuis mai.

Selon lui, c’est la peur de tout perdre qui est le plus difficile. « J’ai pris des pilules pour dormir. Parce que la nuit, tu te réveilles et, à partir du moment que le cerveau part et que tu penses à tout ça, tu peux plus dormir », a-t-il mentionné.

Le verdict est finalement tombé : la maison de M. Théôret est en zone 20-100 ans. Il n’aura donc pas à être relocalisé, ce qui représente un grand soulagement pour lui. Il ignore toutefois s’il devra démolir et à quel moment il pourra commencer les travaux.

Pier-Luc Cauchon, sinistré
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Sauver sa maison à tout prix

Comme plusieurs, M. Théôret a trouvé du soutien auprès d’un regroupement de sinistrés. Pier-Luc Cauchon, lui-même sinistré, copréside ce regroupement.

Ce leadership, il l’a développé dans son combat pour demeurer sur l’île Mercier pendant les inondations. Quand l’eau s’est élevée au-dessus de l’unique pont reliant l’île au reste du monde, les autorités ont tenté d’évacuer ses résidents.

Pier-Luc Cauchon, sinistré
PHOTO AGENCE QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT

Refusant, ils ont travaillé jour et nuit pour limiter les dégâts et sauver le plus de maisons possible. « On a installé des quais et on a traversé du sable en chaloupe par nos propres moyens. On a fait un genre de cellule de crise », a-t-il raconté.

Pour eux, demeurer sur l’île était le seul moyen de limiter les dégâts. Quand l’ex-maire Denis Coderre est venu le voir pour lui demander d’évacuer, il a rétorqué : « si tu nous sors de force, on va revenir en bateau pendant la nuit ! »

Ils ont sauvé 12 maisons, dont la sienne. Les autres, a-t-il regretté, auraient pu être protégées s’ils avaient eu accès à des sacs de sable plus tôt.

Pas informés

Dans un sondage réalisé auprès de sinistrés par la firme SOM, on apprend que seulement 41 % des sinistrés montréalais ont reçu des consignes de sécurité pendant les inondations.

Une fois l’eau descendue, le manque d’informations a persisté. « On voulait qu’ils nous disent : “ vous êtes relocalisés à l’hôtel et on va vous garder huit mois là-bas. ” Donc, on aurait pu se préparer psychologiquement à ne pas revenir à la maison rapidement », a expliqué M. Théôret.

« On n’a plus de maison, faut gérer notre emploi et on ne sait même pas si on va avoir un toit pour se coucher pour l’hiver », a-t-il déploré.

Pier-Luc Cauchon, sinistré
PHOTO AGENCE QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT

Les inondations en chiffres

  • 1172 demandes d’aide financière ouvertes à Montréal depuis mai
  • 26 291 326 $ versés en aide financière à Montréal en date du 18 décembre
  • 58 % des sinistrés montréalais ont évacué leur demeure
  • Seulement 49 % des sinistrés montréalais savaient qu’ils étaient en zone inondable