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Pour en finir avec la «burnerie»

Raphaëlle Giordano
Photo courtoisie Félicien Delorme Raphaëlle Giordano

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Pour son deuxième roman, Le jour où les lions mangeront de la salade verte, la coach et auteure à succès Raphaëlle Giordano poursuit l’exploration d’un thème qui lui est très cher : l’art de transformer sa vie pour retrouver le chemin du bonheur. Même si on se trouve dans une mauvaise passe.

Cette fois, elle a imaginé que son héroïne, Romane Gardener, une belle trentenaire, présentait des ateliers de groupe pour mettre un terme à la « burnerie ». Ce terme bien français explique des symptômes bien courants : un ego démesuré, de la mauvaise foi, un sentiment de domination plus ou moins exacerbé. Bref, une attitude tyrannique et désagréable.

L’homme d’affaires Maximilien Vogue est le « client » idéal pour Romane. Mais il représente aussi tout un défi : c’est un directeur général redoutable et redouté, qui accepte à contrecœur de suivre cette thérapie de groupe.

Contre toute attente, ça marche ! Subtilement, Romane sait comment apprivoiser ses élèves. Avec patience, elle leur apprend à prendre contact avec des émotions qui sont parfois enfouies très loin. Avec elle, ils réapprennent à devenir humains... ce qui ne manque pas de donner lieu à des situations loufoques.

Raphaëlle Giordano a misé juste avec ce roman. « Je voulais trouver un mot pour expliquer le moment où les comportements basculent du mauvais côté de la force », dit-elle en expliquant le concept de la burnerie, qui touche « l’inflation de l’ego, les instincts de domination, les pressions inutiles ».

Le personnage de Romane est un peu son alter ego littéraire. « Les personnages sont forcément les porte-parole de mes idées, voire de mes idéaux, bien sûr. Je ne sais pas si c’est mon double, mais elle porte forcément certaines de mes idées. »

À travers les péripéties de Romane et de ses clients, Raphaëlle a voulu traiter de la « burnerie ordinaire »... de ces petites violences banalisées. « On peut la rencontrer au bureau avec un chef qui est tout le temps sur votre dos ou harcelant, ou à la maison avec un conjoint un peu dénigrant, pas trop respectueux. Ce qu’il y a à faire, c’est repartir de soi. Les autres, on ne peut pas les changer. »

Elle poursuit son explication. « Si on côtoie un profil burné qui n’a pas envie de travailler sur lui ou sur elle pour faire une prise de conscience, on va difficilement faire changer cette personne. Malheureusement, ce sont souvent les profils les plus burnés qui en auraient le plus besoin et qui reculent le moment de la prise de conscience. »

En développant soi-même la bonne attitude, il y a moyen de changer un peu les choses. Il faut apprendre à se protéger de ces agressions. « Selon ce qu’on dégage, on donne prise ou pas à ces types de comportement. La seule chose qu’on peut faire, c’est agir sur soi, reprendre les rênes, en quelque sorte. »

Raphaëlle Giordano dit que la prise de conscience permet de sortir des mauvais jeux psychologiques. Et qu’après, « mieux vaut prendre soin de soi et faire ce qu’il faut, à son niveau, pour changer de posture de vie. L’objectif, dans toute relation, est d’être gagnant-gagnant : dans l’affirmation de soi où chacun peut s’exprimer. »

 

EXTRAIT

Le jour où les lions mangeront de la salade verte

Raphaëlle Giordano

Edito

2017
Photo courtoisie Éditions Édito
Le jour où les lions mangeront de la salade verte Raphaëlle Giordano Edito 2017

« La méthode semblait plaire aux participants qui prenaient des notes.

– Mais tout de même, certaines fois, il n’y a même pas de place pour le dialogue ! s’insurgea l’une des femmes.

– Dans ce cas, quand vous sentez la violence arriver, vous avez le devoir de fuir. De même, vous avez le droit de couper court aux injures, aux propos blessants ou aux critiques infondées. Mieux vaut s’en aller et revenir quand on est sûr qu’on pourra échanger dans un climat plus calme. La clé, c’est de cultiver votre affirmation de soi : plus vous aurez confiance en vous, moins la burnerie aura de prise sur vous. »

 


♦ Raphaëlle Giordano est l’auteure du roman Ta deuxième vie commence lorsque tu comprends que tu n’en as qu’une.


♦ Il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires et se trouve en cours de traduction dans une vingtaine de pays.


♦ Elle a créé sa propre entreprise, EMOTONE, et offre des animations créatives pour les entreprises.


♦ Elle est en train d’écrire son troisième livre et souhaite vivement rendre visite à ses lecteurs québécois.