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Voici 10 sports qui ont connu leurs heures de gloire à Québec

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Québec est une ville d’hiver qui nous réserve toujours une période de froid intense.

Au fil du temps, pour les aider à passer à travers cette période, les Québécois se sont adonnés à différentes activités sportives qu’ils adaptaient aux caractéristiques de notre ville, ce qui les rendait bien souvent assez spectaculaires.

Voici 10 sports qui ont connu leurs heures de gloire, certains bien connus, d’autres plutôt inusités.

1. Le hockey

Match de hockey en 1957
National Geographic Magazine, déc. 1958, collection Jacques Boutet
Match de hockey en 1957

À tout seigneur, tout honneur : le hockey. Il s’agit de notre sport national et il fait partie de notre ADN.

À une certaine époque, presque tous les garçons jouaient dans une ligue organisée ou simplement entre amis, dans la rue ou sur la patinoire paroissiale.

Si les jeunes d’aujourd’hui se transforment en Sydney Crosby, ceux des années 1950 se prenaient pour Jean Béliveau.

En 1953-1954, le Gros Bill s’aligne avec le Tricolore après deux saisons exceptionnelles dans l’uniforme des As de Québec.

Il n’est donc pas étonnant qu’à partir de 1953, les jeunes joueurs de la capitale portaient fièrement le chandail des As ou celui des Canadiens.

2. Le canot à glace

Canot à glace à Quebec vers 1860
Cornelius Krieghoff, collection Camille Gosselin
Canot à glace à Quebec vers 1860

Au XIXe siècle, rien ne pouvait empêcher la distribution de la poste royale, pas même les glaces du Saint-Laurent.

Son transport d’une rive à l’autre était confié aux passeurs, des canotiers plutôt téméraires.

Ces courageux rameurs risquaient leur vie pour accomplir leur mission entre la Pointe-à-Carcy et le pied de la côte du Passage.

Chaque hiver, ils organisaient des compétitions pour désigner l’équipe la plus rapide face aux glaces. C’est ce qui a donné naissance à la célèbre course en canot du Carnaval d’hiver de Québec.

3. Le ski

Saut à ski des glacis de la citadelle vers 1920
BAnQ, carte postale no 0003724462
Saut à ski des glacis de la citadelle vers 1920

Le ski est un sport assez récent dans la Vieille Capitale. On ne le pratique que depuis la fin du XIXe siècle.

Curieusement, il s’agit alors d’une activité essentiellement urbaine. On s’y exerce donc sur les Plaines et dans des déclivités telle la côte Gilmour.

Les plus téméraires vont se construire des tremplins de saut comme celui qui était érigé sur le glacis de la citadelle, en contre-haut de la terrasse Dufferin.

Le Relais de Lac-Beauport, première station de ski de la région, n’ouvrira ses pentes qu’en 1935.

4. Le ski-joëring

Ski-joëring au Château Frontenac vers 1926
Archives du chemin de fer Canadien Pacifique, no NS 15354
Ski-joëring au Château Frontenac vers 1926

Ce sport de glisse est surtout pratiqué en Scandinavie.

Il s’agit de l’équivalent hivernal du ski nautique alors que le skieur est tiré par un cheval ou même par un chien.

À Québec, il aurait été peu pratiqué, sauf peut-être par des skieurs d’élite tels les Conrad Delisle, François Pichard et André Bertrand.

Néanmoins, des touristes de passage au Château Frontenac l’ont adapté à leurs besoins en se faisant tirer par des automobiles dans les rues de la ville.

5. Le badminton sur glace

Sport d’hiver au Château Frontenac vers 1925
Musée du Bas-Saint-Laurent, Rivière-du-Loup, fonds Paul Parrot, NAC pa0998
Sport d’hiver au Château Frontenac vers 1925

Les gens n’ont jamais manqué d’imagination lorsqu’il s’agit de s’amuser.

Dans la première moitié du XXe siècle, la patinoire du Château Frontenac était occupée par de drôles de sportifs qui cessaient leur ronde de patin pour s’adonner au badminton sur glace.

Il s’agissait vraisemblablement de clients de l’hôtel, certainement anglophones.

En effet, selon l’historien Donald Guay, au XIXe et au début du XXe siècle, le sport est réservé à une élite anglophone, protestante et urbaine.

6. La glissade

Glissade sur la terrasse Dufferin vers 1915
Valentine and Sons United Publishing Co Ltd, collection SHQ
Glissade sur la terrasse Dufferin vers 1915

Les Québécois s’amusaient en toboggan bien avant l’avènement du Village Vacances Valcartier.

Sous le Régime français et jusqu’à tout récemment, on glissait sur le « pain de sucre » de la chute Montmorency et sur les Plaines, notamment sur les glacis de la Citadelle.

C’est en 1884 qu’une première glissade est construite sur la terrasse Dufferin.

À cette époque toutefois, il s’agit d’une installation temporaire qu’on démonte le printemps venu.

La glissade permanente actuelle n’est apparue qu’en 1946.

7. La raquette à neige

Groupe de raquetteurs à la gare de Beaupré vers 1908
Les Archives du photographe, collection Jocelyn Paquet
Groupe de raquetteurs à la gare de Beaupré vers 1908

La raquette est l’un des emprunts les plus durables faits aux Amérindiens.

Chez les colons, ce moyen de locomotion devient rapidement une activité de loisir.

Dans les années 1850, de nombreux clubs de raquetteurs sont fondés, dont le fameux Quebec Snowshoe Club.

La ville de Québec est alors considérée comme l’une des capitales des raquetteurs de l’Amérique du Nord.

On s’affronte dans des compétitions d’endurance, mais c’est le volet social qui prend beaucoup d’importance.

Ainsi, on voit les raquetteurs parader dans tous les défilés qui ponctuent leurs rassemblements, les fêtes populaires et les carnavals.

8. Le saut de barils

Saut de barils aux Jeux du Québec en 1974
BAnQ, E10,S44,SS1,D74-105
Saut de barils aux Jeux du Québec en 1974

Le saut de barils a été très populaire dans les années 1950 et 1960.

Considéré alors comme un sport extrême, il a longtemps été la vedette du Carnaval de Québec.

Se pratiquant avec des patins à longues lames, il combinait le patin de vitesse et le saut en longueur au-dessus d’une série de barils de carton de 40 cm de diamètre, couchés sur la glace, les uns contre les autres.

Les meilleurs athlètes pouvaient sauter jusqu’à 15 barils, ce qui représentait un bond de six mètres.

Ce sport était très spectaculaire et, curieusement, il est aujourd’hui quasiment oublié.

9. Le curling

Joueurs de curling à Québec en 1894
Carnival Number of Quebec Daily Telegraph, 29 janvier 1894, BAC
Joueurs de curling à Québec en 1894

À la suite de la Conquête, de nombreux Écossais s’installent à Québec apportant avec eux leurs coutumes et leurs sports. Parmi ceux-ci, le curling.

On joue alors sur des surfaces glacées naturelles, que ce soit des étangs, la rivière Saint-Charles ou le fleuve Saint-Laurent.

L’année 1821 voit la fondation du Quebec Curling Club, le deuxième club en Amérique du Nord. À partir de 1858, on le pratique en salle.

Au XXe siècle, de plus en plus de francophones l’adoptent et ce sport gagne en popularité.

10. Le patin

Patineurs sur la rivière Saint-Charles en 1978
Archives Ville de Québec, négatif N013326
Patineurs sur la rivière Saint-Charles en 1978

Il y a longtemps que les Québécois patinent. Le Quebec Skating Rink, la première patinoire couverte de la capitale, est construit en 1877 près de la porte Saint-Louis.

Néanmoins, c’est le patinage en plein air qui a la cote.

Ainsi, on entretient la surface glacée du fleuve, face au port, pour s’y adonner.

En 1894, lors du premier carnaval, cette activité sportive est en vedette.

Longtemps la patinoire du Château Frontenac, aménagée en bordure de la terrasse Dufferin, a été la plus populaire.

Dans les années 1970, c’est sur la rivière Saint-Charles que la Ville aménage une longue piste glacée.

De nos jours, c’est à place D’Youville que les amateurs se donnent rendez-vous et, depuis quelques années, sur le terrain des sports des plaines d’Abraham.

Un texte de Jean-François Caron, historien


Vous pouvez consulter la page Facebook de la Société d’histoire de Québec en cliquant ici. Pour le site web, c’est ici.