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Implantation d'une valve cardiaque à l’IUCPQ : une première nord-américaine à Québec

valve aortique
Photo Martin Lavoie André Gauthier tenant un exemplaire de la valve qui lui a été implantée et le Dr François Dagenais, chef du Département de chirurgie cardiaque de l’IUCPQ.

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Après avoir été le leader de la mise au point d’une nouvelle valve cardiaque, l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a réalisé la semaine dernière la première implantation de cette prothèse en Amérique du Nord depuis son approbation.

Dans les faits, l’IUCPQ a commencé l’implantation de cette valve en août 2014. L’hôpital faisait partie des 40 instituts retenus par la firme Medtronic dans le cadre de l’étude clinique pour obtenir l’accréditation de sa valve aortique Avalus. La firme Medtronic avait déjà à son crédit l’invention du stimulateur cardiaque.

« L’IUCPQ a été celui où il y a eu le plus d’implantation de cette valve avec 148 patients opérés sur les 1100 de l’étude. L’Hôpital de Munich a été le second avec 89 et Toronto le deuxième au Canada avec 47 », a révélé François Dagenais, chef du Département de chirurgie cardiaque de l’IUCPQ.

Selon le Dr Dagenais, des quatre valves que compte le cœur, celle de l’aorte fait l’objet de 60 % des 1000 changements de valves annuels dans son institution. Il existe deux types de valves de remplacements, les mécaniques et les bioprothèses. Si les premières sont indestructibles, elles ont l’inconvénient de requérir l’utilisation d’anticoagulants.

La valve Avalus est faite de tissus cardiaques bovins. Elle se distingue notamment par sa production assistée par ordinateur permettant une meilleure précision dans sa production. Son revêtement devrait aussi faire en sorte qu’elle soit plus résistante à la calcification et qu’elle dépasse la durée de vie de 10 à 12 ans des autres bioprothèses, espère le chercheur.

Parmi ses autres qualités, elle est la première de son type à ne poser aucune restriction lors d’une IRM et elle peut être implantée facilement. Le tissu qui l’entoure permet aussi son éventuel remplacement par une intervention moins invasive dans l’aorte, plutôt que par le sternum.

La valve coûte environ 4000 $. « Ça ne fait pas cher le battement », rigole le Dr Dagenais.

« C’est le jour et la nuit »

André Gauthier, un comptable de Québec, a été le premier à accepter de participer à l’étude de l’IUCPQ. Sa valve aortique, qui n’avait que deux volets, au lieu de trois, ne lui avait jamais causé de problème jusqu’à ce qu’elle lâche en février 2014 à l’âge de 57 ans.

« Je n’avais aucune douleur, mais je manquais complètement de souffle. J’ai dû réduire mes activités. Deux mois après l’opération c’était le jour et la nuit. Il n’y a plus rien qui m’arrête. C’est une autre vie. C’est une renaissance. Je souhaite maintenant vivre jusqu’à 105 ans », lance-t-il.

« La sténose de la valve aortique est un problème qui survient assez fréquemment. Quand les patients commencent à développer des symptômes, comme le souffle court dans le cas de M. Gauthier, ils ont 50 % de chances de mourir sur une période de cinq ans », conclut le Dr Dagenais.

À l’avant-garde

Le bâtiment qui semble aussi vétuste que rabouté pourrait suggérer le contraire, mais l’IUCPQ se démarque sur la scène mondiale. « L’hôpital ici a toujours été un centre à haut volume. Nous sommes les cinquièmes en Amérique du Nord pour le nombre de chirurgies cardiaques. Notre équipe de recherche est très bien perçue à travers le monde. Ce qui fait notre force c’est que chaque chirurgien a sa spécialisation. »

« Nous avons un des meilleurs taux de survie postopératoire au Canada. C’est surtout en raison du travail d’équipe avec les infirmières, les anesthésistes, l’équipe d’étage, de tout le monde. C’est une cohésion qui amène le succès qu’on a », affirme le Dr Dagenais, soulignant le travail d’Hugo Tremblay et d’Isabelle Deneufbourg qui assureront le suivi durant encore 10 ans avec les 148 patients de l’étude.

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