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Lisée ne partira pas

Lisée ne partira pas
PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

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Depuis plusieurs semaines, des membres de ma famille, des amis (réels et virtuels) et des collègues de travail me posent la même question : «Avec les déboires du Parti Québécois depuis des mois dans les sondages, est-ce que Jean-François Lisée quittera la direction du PQ avant l’élection?»

Mardi matin, avec l’information que Pierre-Karl Péladeau ne fermait pas la porte à un retour en politique, mon entourage s’est à nouveau énervé et je me fais encore questionner. N’étant pas trop du genre à aimer me répéter 100 fois, j’ai décidé de répondre par mon blogue. Ainsi, le prochain qui me le demandera, je ferai un copier-coller du présent texte.

Mettons fin au suspense!

NON, est-ce clair? Il ne démissionnera pas de son poste. Et ce, pour trois raisons.

Lisée a les coudées franches

Au mois de septembre dernier, le chef du PQ a affronté un vote de confiance. Malgré ce qu’en pensaient bon nombre d’observateurs, incluant votre humble serviteur, M. Lisée a obtenu 92,8 % d’appui au sein de ses troupes. Certes, les sondages étaient légèrement plus hauts, mais il n’en demeure pas moins que le PQ était quand même en baisse.

Lisée aime être le négligé

En mai 2016, lors du lancement de la course à la succession de PKP, Jean-François Lisée était crédité de 6 % d’appui contre 27 % pour Alexandre Cloutier (voir page 14). Pour plusieurs, la course était déjà terminée. Pourtant, Lisée a fait une campagne rigoureuse, de bons débats et quelques coups de Jarnac bien ciblés à l’endroit de son principal adversaire. Je pense que le député de Lac-Saint-Jean s’en souvient encore et parions que c’est la même chose pour Adil Charkaoui. Néanmoins, fort de l’appui tardif, mais combien significatif de Pascal Bérubé, député de Matane, M. Lisée l’a emporté contre toute attente!

Croyez-vous vraiment que Lisée va se laisser abattre par de mauvais sondages après ça?

L’exemple de Pauline

De juin 2011 à février 2012, le Parti québécois a été frappé de plein fouet par une crise au leadership. Étrange, c’est exactement le moment où François Legault fondait sa Coalition pour l’avenir du Québec (qui allait devenir la CAQ). À cette époque, le PQ a vu huit députés quitter le caucus.

Le débat sur le financement de l’amphithéâtre de Québec a occasionné le départ de 3 députés et non les moindres (Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe).

Jean-Martin Aussant, s’est lui aussi retiré de l’équipe, jugeant que Madame Marois n’était pas suffisamment dédiée à la cause souverainiste. Il siègera comme indépendant tout en fondant Option nationale.

L’arrivée de la CAQ favorise le départ de trois députés péquistes, et ces derniers se joignent à François Legault.

Malgré des sondages faibles et une CAQ partie pour la gloire, Pauline Marois réussira, un an plus tard, à devenir la première femme élue première ministre du Québec, ce qui lui vaudra le surnom de la dame de béton.

Il est là pour rester

Que vous aimiez ou non Jean-François Lisée, c’est un battant. Il est au fait que l’humeur est volatile. En un claquement de doigts, tout peut changer. Une erreur majeure de François Legault ou de l’un de ses candidats ou une prise de position audacieuse qui plairait aux électeurs, qui sait?

Lisée n’est pas mort, le PQ non plus. Qu’en sera-t-il en octobre?