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Controverse autour de l’équipe russe

Pavel Datsyuk (photo) et Ilya Kovalchuk sont les seuls joueurs à avoir gagné une médaille olympique dans l’équipe russe participant aux JO de Pyeongchang.
Photo AFP Pavel Datsyuk (photo) et Ilya Kovalchuk sont les seuls joueurs à avoir gagné une médaille olympique dans l’équipe russe participant aux JO de Pyeongchang.

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La saison de la Ligue continentale de hockey entrera dans une longue pause cette fin de semaine, même si la saison est presque terminée, tandis que l’équipe nationale se préparera pour les Jeux olympiques de Pyeongchang. Il semblerait donc que les « athlètes olympiques de Russie » porteront finalement leur uniforme fade et générique, malgré les appels renouvelés au boycottage.

La furie de la Russie a été ravivée plus tôt cette saison après que le Comité international olympique (CIO) eût publié une liste complète des athlètes qui n’étaient pas invités aux Jeux. Cette liste n’inclut pas d’explications quant à l’exclusion de chaque athlète, et le CIO a été prudent en disant que ces évictions ne signifiaient pas nécessairement des accusations de dopage. Le président Thomas Bach a toutefois indiqué que le but était de retirer tous les doutes pour s’assurer que les athlètes russes étaient complètement propres.

Si c’était le point, les Russes n’en ont pas tenu compte, voyant quelques-unes de leurs plus grandes vedettes de sports d’hiver être bannies, dont un champion olympique de biathlon, un skieur champion du monde, deux patineurs artistiques et, sur une corde plus sensible, le patineur de vitesse courte piste Viktor Ahn, un Coréen naturalisé et six fois champion olympique. Le hockey n’a pas échappé à cette purge, perdant cinq joueurs. Les plus connus sont les anciens de la Ligue nationale de hockey Valeri Nichushkin, Sergei Plotnikov et Anton Belov.

Même comportement

Si ces mesures devaient mettre en valeur l’introspection, l’humilité et amorcer des changements de comportement en Russie, il semble qu’ils échoueront misérablement. Les nouvelles ont attisé le sentiment de victimisation et la haine envers « l’Ouest usant de manigances et de complots », et bien entendu, relancé les appels au boycottage par les partisans et les dirigeants.

Il a été rapporté mardi que les conseillers de Vladimir Poutine parlaient avec les dirigeants des différentes fédérations de sport de Russie, leur demandant de considérer cet appel au boycottage. Dans un sondage en ligne du site Sport-Express, 71 % des 128 000 répondants ont appuyé cette idée.

Cet appel, toutefois, n’a pas semblé trouver de traction. Peut-être est-ce en raison, malgré les exclusions, du fait que l’équipe de hockey est toujours fortement favorite pour remporter l’or. En y arrivant, elle sauverait les Olympiques pour la Russie et pour Poutine, personnellement.

Aucune surprise

La formation de 25 joueurs, révélée jeudi, ne contient aucune surprise. Elle est presque complètement composée de joueurs du SKA de Saint-Pétersbourg (15 joueurs) et du CSKA de Moscou (huit), avec les deux autres places données au gardien de but Vasily Koshechkin, possiblement le partant, et au vétéran de 36 ans Sergei Mozyakin, les deux évoluant pour le Metallourg de Magnitogorsk. Pour Mozyakin, qui bat les records de marqueurs de la KHL, mais qui n’a jamais joué en Amérique du Nord (sauf pour quatre matchs avec Val-d’Or, il y a 20 ans), ce seront des débuts olympiques attendus depuis longtemps.

Pavel Datsyuk et Ilya Kovalchuk, tout comme c’était le cas à Sotchi, sont les deux seuls médaillés olympiques, ayant tous deux été décorés de bronze en 2002. Ils participeront chacun à leurs quatrièmes Jeux. Outre ces deux joueurs, seul l’ancien de la LNH Slava Voynov possède de l’expérience olympique.

L’ancienne vedette du Canadien Andreï Markov n’a pas été invitée, ce qui peut être attribuable à la fois à son âge (39 ans) et à son jeu avec le Ak Bars de Kazan, une équipe dont le nom comporte les lettres S, K, et A, mais pas dans l’ordre nécessaire.

Pour citer un officiel de la Fédération de hockey de Moscou, la décision de réunir tous les espoirs olympiques au sein de deux équipes était « une stratégie d’État », utilisée pour maximiser la chimie sur la glace. Le mauvais côté de cela, évidemment, était une perte de tout semblant de parité dans la KHL. Le résultat a été que le SKA et le CSKA ont joué peu de matchs compétitifs.

Malgré tout, tout sera pardonné aux « athlètes olympiques de Russie » de l’équipe de hockey si, comme prévu, ils détruisent les équipes formées de gloires du passé et d’inconnus pour ramener seulement une deuxième médaille d’or depuis la dissolution de l’Union soviétique. Bien sûr, comme en 1992, ils devront le faire sous une bannière neutre. Peu importe la qualité du tournoi, la médaille d’or sera annoncée comme un grand triomphe et une revanche terrible contre l’Ouest et sera utilisée comme argument lors de la campagne présidentielle de Poutine, à laquelle participe Kovalchuk.

Arrêt prolongé

La KHL fera une pause à compter du 28 janvier, même si les équipes russes ont cessé de jouer depuis le 26 et que le SKA et le CSKA sont à l’arrêt depuis le 23. Tout ça pour favoriser la préparation olympique et minimiser le risque de blessures. La saison reprendra le 26 février, seulement pour se terminer deux jours plus tard. Peu de choses ne sont pas déjà décidées, mais le Severstal de Tcherepovets se bat encore pour une place en séries dans l’Ouest (et possiblement pour son avenir dans la KHL), pendant que l’Amour de Khabarovsk a encore une chance de prendre le dernier échelon donnant accès aux éliminatoires dans l’Est, devant l’Avangard d’Omsk.

Le chiffre de la semaine

53

Le nombre de points obtenus par le joueur du Barys d’Astana Nigel Dawes, qui a tout juste surpassé son coéquipier Linden Vey au troisième rang du classement des pointeurs de la KHL. Vey, qui a été libéré par le Barys la semaine dernière, terminera la saison en Suisse, avec Zurich. Il prévoit revenir dans la KHL l’année prochaine.