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64 ans de Carnaval à travers 10 de ses éléments distinctifs

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Le Carnaval de Québec est considéré comme le plus important carnaval d'hiver au monde.

À une certaine époque, il fallait bien étirer les plaisirs des fêtes de Noël et du nouvel an le plus longtemps possible, au moins jusqu'au Carême.

La capitale organise donc sa première grande fête populaire d'hiver en 1894.

On récidive à quelques reprises, mais c'est en 1955 que le Carnaval de l'ère moderne est lancé et ça dure ainsi depuis 64 ans.

Il a beaucoup évolué au fil du temps, mais des classiques ont marqué son histoire.

1. Le Bonhomme

Le Bonhomme et la reine de 1958 Brigitte Desrochers.
Photo Courtoisie BAnQ, E6, S7, 521-58
Le Bonhomme et la reine de 1958 Brigitte Desrochers.

Lors de la première édition du Carnaval, on décide de se doter non pas d'une mascotte, mais d'un animateur de la fête.

Pour une fête d'hiver, il s'agira d'un bonhomme de neige bien québécois, portant une tuque rouge et une ceinture fléchée.

Il arrivera le jour de la fête des Rois et ordonnera de remplacer les sapins de Noël par des sculptures de neige.

C'est Benoit Thériault, étalagiste chez J.B. Laliberté, qui a imaginé l'allure de Bonhomme.

Il apparait et parle pour la première fois en public sur un char allégorique, le 9 janvier 1955, vers 14h, sous la porte Saint-Louis.

Et c'est parti... et ça dure encore.

2. Le palais du Bonhomme

Palais de glace de 1962.
Photo courtoisie Gaétan Soucy, BAnQ
Palais de glace de 1962.

Notre grande fête d'hiver a son roi, le Bonhomme Carnaval, et le roi a son palais.

Lors de la première édition, ce palais est construit à la place Jacques-Cartier du quartier Saint-Roch, là où on retrouve aujourd'hui la bibliothèque Gabrielle-Roy.

De 1956 à 1972, ce château trône fièrement au centre de la place D'Youville.

Depuis 1973, on s'y rend à l'esplanade du parlement, en bordure des fortifications de Québec.

Il a toujours été construit en glace, sauf durant un intermède de 14 ans.

En effet, en 1979, les autorités du Carnaval ne trouvent plus d'entreprise en mesure de fournir suffisamment de blocs de glace pour construire un palais digne de ce nom.

Il sera alors en neige. La glace réapparaîtra en 1993.

3. Les duchesses

Les duchesses du Carnaval de 1961.
Photo collection du Carnaval de Québec
Les duchesses du Carnaval de 1961.

C'est en 1957 qu'on crée sept duchés disséminés sur tout le territoire de la ville et sur la rive-sud.

Ce système est davantage représentatif de la population que celui des associations.

Ces duchés sont ceux de Cartier, Champlain, Frontenac, Laval, Lévy, Montcalm et Montmorency.

Chacun aura sa duchesse et celle-ci aura son intendant ou président de duché.

Elles seront choisies à la suite d'un concours axé sur la personnalité.

Elles seront par la suite ambassadrices de la fête et elles joueront également un rôle social en faisant la tournée des hôpitaux, centres d'accueil, écoles et autres.

Ce concept est aboli en 1997 alors que les duchesses disparaissent et les duchés remplacés par des « bonhomries ».

Les duchesses réapparaissent en 2014 et leurs duchés correspondent désormais aux six arrondissements de la capitale et à la ville de Lévis.

4. La bougie

Photo collection Carnaval de Québec

Le Carnaval a toujours vécu des subventions gouvernementales et des investissements de la part des commerces et des milieux d'affaires.

Cependant, une bonne part du financement est d'origine populaire par la vente de la bougie.

Elle est née en 1959 à l'initiative de Roland Morneau, alors président de la fête.

Lors de la soirée de la bougie, des centaines de bénévoles parcouraient la ville pour la vendre de porte en porte.

Chaque bougie vendue dans un duché donnait une chance à sa duchesse d'être élue reine.

Des bougies truquées coulaient en couleur, ce qui procurait un prix en argent à son détenteur.

À partir de 1983, pour prévenir les risques d'incendie, la bougie est remplacée par une loterie à « grateux ».

Elle est finalement réinstaurée en 1995. On l'a longtemps appelée la « Lumière du Carnaval ».

5. Les reines

Le couronnement d'Estelle Côté, reine des curlers, 18 décembre 1954.
Photo collection Danielle Chaput
Le couronnement d'Estelle Côté, reine des curlers, 18 décembre 1954.

À l'origine, il n'y avait pas de duchesses, mais plutôt sept reines dont l'une d'entre elles serait couronnée reine du Carnaval.

Chacune représente un groupe ou une association qui nomme leur représentante.

Il s'agit des Curlers, des Employés civils, des Étudiants de l'Université Laval, des Raquetteurs, des Skieurs, du Jeune Commerce et du Junior Board of Trade.

En 1956, les associations seront les Quilleurs, les Employés civils, les Employés civils fédéraux, les Travailleurs, les Vétérans de l'Armée, les Loisirs et les Artistes.

Les duchesses n'apparaîtront qu'à la troisième édition, celle de 1957.

6. La rue du Carnaval

La rue du Carnaval en 1982.
Photo Pierre-Paul Beaumont, collection Jocelyn Faucher
La rue du Carnaval en 1982.

Dès les premières années du Carnaval, des Québécois de différentes rues de la ville décorent la cour avant de leur résidence en y faisant des monuments.

En 1960, les autorités du Carnaval demandent aux résidents de l'avenue des Braves de sculpter des monuments de glace sur leur rue.

Des résidents de la rue Sainte-Thérèse du quartier Saint-Sauveur (aujourd'hui la rue Raoul-Jobin) décident alors que chez eux, ce serait des monuments de neige.

L'idée prend de l'ampleur dans le voisinage au point où un journal affirme que la rue Sainte-Thérèse est le cœur du Carnaval.

La tradition se poursuit au fil des ans et jusqu'en 1991, une visite sur la rue du Carnaval devient un incontournable.

7. Les voûtes chez Ti-Père

Lionel Faucher dit Ti-Père.
Photo Audrey Marcotte, monsaintsauveurcom
Lionel Faucher dit Ti-Père.

Depuis 1960, la rue Sainte-Thérèse du quartier Saint-Sauveur était devenue la rue du Carnaval avec ses sculptures de neige produites par les résidents.

En 1964, Lionel Faucher, un des instigateurs de cette activité, décide d'ouvrir son sous-sol pour que les sculpteurs de la rue viennent s'y réchauffer. Il leur sert alors un petit verre de Caribou.

Rapidement, tous les carnavaleux s'y arrêtent.

Et c'est ainsi qu'est né « Les Voûtes Chez Ti-Père ».

Faucher créera également « l'Ordre de Ti-Père » dans lequel des visiteurs de marque seront intronisés, dont plusieurs maires et premiers ministres du Québec.

Ce bar populaire sera en opération jusqu'à la fin des années 1980.

8. Vive les Pee-Wee du Carnaval

Tournoi international de hockey Pee-wee, en 1960.
Photo Neuville Bazin, BAnQ, série Office du film du Québec
Tournoi international de hockey Pee-wee, en 1960.

En 1959, Gérard Bolduc veut mettre Québec sur la carte sportive du monde et il organise un grand tournoi de hockey de niveau pee-wee.

L'année suivante, il réussit à le faire inscrire au programme du Carnaval.

Vingt-huit équipes se disputent alors le championnat à l'aréna de l'OTJ du parc Victoria.

Le succès est tel que la grande finale doit être présentée au Colisée. On connaît la suite.

L'événement prendra toujours plus d'importance et de notoriété et de grands joueurs professionnels y ont joué, tels les Guy Lafleur, Wayne Gretzky et Mario Lemieux. Et ça dure depuis 59 ans.

9. Le défilé

Défilé du Carnaval de 1960.
Photo BAnQ, E6, S7, 571-60
Défilé du Carnaval de 1960.

Que serait le Carnaval de Québec sans son défilé?

La parade a beaucoup évolué au fil du temps.

Il y a eu la parade de jour et celle de nuit, la parade de la haute-ville et celle de la basse-ville, il y a eu les années des corps de tambours et de clairons et celles des écoles de danses.

Quoi qu'il en soit, elle a toujours été féérique aux yeux des enfants et, pendant longtemps, enivrante pour les fêtards.

Une seule constante, c'est la présence des duchesses, de la reine et du Bonhomme, et ce, en début et fin de parade.

10. Carnaval, Mardi-Gras, Carnaval

Le Carnaval 1965 à Place de l'Hôtel de Ville.
Photo collection JF Caron
Le Carnaval 1965 à Place de l'Hôtel de Ville.

Par définition, un carnaval est la période qui suit Noël et les Rois et qui s'étend jusqu'au carême.

Il s'agit donc d'une fête de réjouissances populaires hivernales qui se termine au Mardi-Gras.

Le lendemain, c'est le mercredi des cendres suivi de 40 jours de privation.

C'est pourquoi le Carnaval de Québec a longtemps pris fin le soir du Mardi-Gras.

Il faudra attendre 1972 pour que la fête se termine un dimanche.

Autre temps, autres mœurs.

Texte rédigé par Jean-François Caron, historien

  • À lire aussi sur le même sujet : Jean Provencher, Le Carnaval de Québec. La grande fête de l'hiver, Éditions Multi-Mondes, 2003.

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