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Procès Normandeau: le climat de travail est «pourri» à l’UPAC, dénonce un ex-policier

Richard Despatie n’a pas été tendre avec le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière (photo), qui a embauché «ses chums» à la suite de «concours pipés», a-t-il déclaré sous serment.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Richard Despatie n’a pas été tendre avec le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière (photo), qui a embauché «ses chums» à la suite de «concours pipés», a-t-il déclaré sous serment.

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Le climat de travail « pourri » à l’UPAC ne serait pas étranger aux nombreuses fuites d’éléments d’enquête dans les médias, selon deux enquêteurs suspectés par leur employeur, qui ont tous deux nié en être les auteurs.

 

« Ça fuite de partout ! » a lancé l’ex-policier Richard Despatie lors de son témoignage, jeudi, au procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, dans le cadre de l’audition de la requête de la défense en arrêt des procédures.

Les avocats, faut-il le rappeler, tentent de faire avorter le procès en invoquant la négligence de l’État qui n’a pas réussi à contenir les fuites, lesquelles « créent une pression indue sur les décideurs judiciaires ».

À l’instar du député libéral Guy Ouellette, M. Despatie et le policier Stéphane Bonhomme sont soupçonnés par l’UPAC d’avoir « coulé » des informations à la presse. Leur domicile a fait l’objet d’une perquisition en octobre.

« Je n’ai rien à me reprocher »

« Ce n’est pas moi qui ai appelé les journalistes pour venir chez nous filmer ma maison... », a lâché Richard Despatie pour illustrer son propos. « Je n’ai absolument rien à me reprocher », a-t-il clamé, visiblement amer contre son employeur qui l’a congédié injustement, selon lui, en juillet 2016.

« Je n’ai jamais à parler à (Louis) Lacroix (de Cogeco et L’Actualité). Ce que je vis, je n’en crois pas mes yeux. » Il dit n’avoir « aucune idée » de l’identité du fameux « Pierre » qui a contacté le journaliste pour lui offrir un CD contenant la preuve policière dans le dossier de Nathalie Normandeau.

M. Despatie n’a pas été tendre avec le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, qui a embauché « ses chums » à la suite de « concours pipés », a-t-il déclaré. Ulcéré d’entendre M. Lafrenière dire aux parlementaires que « tout va bien » à l’UPAC, il admet s’être alors confié au député Ouellette. « C’est des mensonges continuellement [...] L’ambiance est pourrite (sic). »

Caricature de Lafrenière

Stéphane Bonhomme s’est dit quant à lui « innocent à 100 % ». Interrogé sur son partage d’une caricature d’Ygreck dépeignant le grand patron de l’UPAC Robert Lafrenière en tortue — afin d’illustrer la lenteur des enquêtes —, le policier n’a pas caché qu’il avait trouvé ça « drôle ». Il y avait « tellement de frustration sur le plancher. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait eu des fuites », a-t-il opiné.