/slsj
Navigation

Changement à la tête de PFR

Le nouveau PDG Yves Laflamme compte aller dans la même veine que son prédécesseur

Richard Garneau part à la retraite après un mandat de sept ans à la tête de PFR. C’est Yves Laflamme, qui était jusque-là VP Produits du bois, Approvisionnement global et Technologies de l’information, qui prend sa relève à partir de maintenant.
Photo Philippe-Olivier Contant Richard Garneau part à la retraite après un mandat de sept ans à la tête de PFR. C’est Yves Laflamme, qui était jusque-là VP Produits du bois, Approvisionnement global et Technologies de l’information, qui prend sa relève à partir de maintenant.

Coup d'oeil sur cet article

La compagnie Produits forestiers Résolu a profité du dévoilement de ses résultats financiers annuels jeudi pour annoncer le départ à la retraite du PDG Richard Garneau et l’identité de son successeur, Yves Laflamme. Le Journal s’est entretenu avec les deux hommes qui ont entamé leurs carrières respectives ici, au Lac-Saint-Jean.

Yves Laflamme
Photo courtoisie
Yves Laflamme

Est-ce que ce départ a un lien avec les pertes de 84 M$ dévoilées jeudi pour l’exercice financier 2017?

Richard Garneau : « Ça n’a rien à voir avec ça. En juin, j’ai eu 70 ans. Ça commence avec un 7 ! Un moment donné, tu dois réfléchir à cet élément-là. C’était planifié, mais pas publicisé. On a regardé nos alternatives, et on est arrivé avec cette décision. Je suis bien heureux de voir que la compagnie va être entre de bonnes mains. »

Quel message ce changement de garde envoie-t-il aux employés de la région?

Yves Laflamme : « Il n’y a pas de tsunami en vue. On va continuer à travailler avec les communautés, à être le plus proche possible des syndicats et des travailleurs. On va prioriser la sécurité pour nos employés et naturellement, on veut que nos usines soient les plus compétitives. On sait que le marché n’est pas facile. »

Quelle direction comptez-vous donner à l’entreprise?

YL : « On a une stratégie axée sur la diversification d’entreprise. De ce côté-là, ça ne changera pas. On va garder l’œil sur toutes les opportunités comme on le fait depuis des années. Il y a des défis qu’il faut gérer avant de penser aux investissements. Il y a de plus en plus la problématique du manque de main-d’œuvre, autant dans la région qu’en Amérique du Nord. Il va falloir être plus innovateur et travailler pour trouver des solutions ensemble. »

Le gouvernement a fait un pas de plus pour la préservation du caribou forestier en interdisant sa chasse cette semaine. Quel impact ces mesures ont-elles sur l’entreprise?

RG : « Le problème avec le caribou, c’est probablement les changements climatiques. J’ai grandi au Lac-Saint-Jean, où j’ai encore une ferme, et j’ai commencé à voir du cerf de Virginie il y a trois ans. On n’avait jamais vu ça avant. Il y a sûrement quelque chose qui change. Il va falloir qu’on arrête de faire peur et de dire que c’est l’industrie forestière qui est responsable. Dans la forêt aménagée, il y a probablement plus de caribous, parce qu’il y a plus de nourriture. Un des problèmes au Nord, c’est qu’il y a probablement moins de nourriture. »

Les négociations s’annoncent encore difficiles avec nos voisins au sud de la frontière. Comment entendez-vous aborder ce défi?

YL : « J’espère convaincre les nouvelles personnes qui arrivent dans ces dossiers-là – que ce soit des politiciens ou de l’industrie – de ne pas refaire les erreurs du passé. Souvent, l’histoire se répète, et particulièrement dans le dossier du bois d’œuvre, chaque fois qu’il y a eu entente, ça a toujours été pire de fois en fois pour l’industrie. On n’avait pas le choix de dire oui. Il faut faire attention. On a créé un précédent la dernière fois en payant une rançon aux Américains, et ils savent que ça peut arriver. Je vais essayer du mieux que je peux de partager mon expérience auprès des élus et des gens de l’industrie pour que ces mêmes erreurs ne se répètent pas et que ce soit plus favorable pour l’entreprise. »

L’embauche de travailleurs étrangers envisagée

Pour combler l’un des plus grands défis qui touchent Produits forestiers Résolu dans la région, le nouveau président-directeur général de PFR, Yves Laflamme, confirme que l’entreprise songe sérieusement à embaucher des travailleurs étrangers.

En tant que membre du conseil d’administration des Serres Toundra, M. Laflamme est aux premières loges pour constater les avantages de faire affaire avec une main-d’œuvre étrangère pour pallier le manque de travailleurs dans la région.

Toutefois, il y a un écart entre des travailleurs aptes à cueillir des concombres et des travailleurs capables de réparer de la machinerie.

« Quand vient le temps de trouver des mécaniciens, des électriciens ou des chauffeurs de camion, c’est un peu plus difficile d’amener les gens », explique le nouveau PDG, qui note qu’un premier groupe d’électriciens originaires du Maroc s’apprête à venir travailler dans certaines usines de la région.

Compétition

Le manque de main-d’œuvre qualifiée crée aussi de la compétition sur la scène régionale tandis que PFR doit aussi composer avec la présence de Rio Tinto, qui pige dans le même bassin de travailleurs d’usine que la papetière.

« La population ne rajeunit pas et il y a beaucoup de jeunes qui ont quitté la région. Oui, avec Rio Tinto, on se fait de la compétition entre nous [pour attirer la main-d’œuvre]. Les Serres Toundra nous donnent un bel exemple de ce qui se passe en région. C’est un bel investissement, mais on n’a pas les gens pour combler les emplois, et c’est aussi vrai dans nos installations », constate Yves Laflamme.