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«Je suis une blogueuse féministe et révolutionnaire»

Emma
Photo Camille Ferre Emma

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L’ingénieure en informatique et blogueuse française Emma, célèbre pour ses propos sur la « charge mentale » et les deux tomes de sa BD, Un autre regard, considère qu’il est grand temps que la société change et qu’il faut mettre un terme au sexisme, au racisme et à la lutte des classes.

En mai 2017, la blogueuse a publié une première bande dessinée aux éditions Massot, Un autre regard. Cette œuvre a vite été suivie d’un deuxième tome et un troisième est en préparation. Avec humour, elle présente ses « trucs en vrac pour voir les choses autrement », abordant tant la vie des réfugiés en France que le baby blues ou le clitoris. Elle connaît un succès phénoménal.

Son billet de blogue Fallait demander, sur la charge mentale, expliquant tout le « travail invisible » que font les femmes dans une journée, a fait le tour des médias sociaux. La réaction du public est éloquente : Emma a plus de 260 000 abonnés sur Facebook, son histoire a été likée 76 000 fois, ­partagée 215 000 fois et commentée par 21 000 internautes.

Emma
Photo courtoisie

Sujets de société

De passage au Québec pour la première fois il y a quelques jours, Emma était ravie de faire connaître son point de vue.

« Je me définis par blogueuse et autrice. J’utilise le dessin comme un outil pour passer mes propos. J’écris, je parle, aussi. Mon but, c’est de m’exprimer et de raconter ce qui me passe par la tête. Je me dis féministe parce que je parle beaucoup du droit des femmes, et révolutionnaire parce que je pense que pour mettre fin définitivement à tous ces rapports de domination, il faut un changement de société. Au final, je me définis comme blogueuse féministe et révolutionnaire. »

Elle n’aborde pas que les sujets féministes. « Comme il faut un changement de société global, je parle aussi d’autres sujets qui se croisent les uns les autres : le racisme, le sexisme, la lutte des classes et quelque chose qui devient urgent, la question écologique. »

Emma a travaillé comme ingénieure en informatique pendant 12 ans. « J’ai rencontré forcément des situations sexistes dans le cadre de mon ­travail », dit-elle en précisant qu’elle avait observé « beaucoup de rejet, beaucoup d’agressivité et beaucoup de haine à l’endroit des femmes » dans ce milieu professionnel.

La charge mentale

Emma aborde la sexualité féminine dans ses livres, mais aussi toute la fameuse question de la « charge mentale ». « La charge mentale, c’est le souci permanent que portent en majorité les femmes d’organiser le fonctionnement du foyer et de la vie de famille. C’est un sujet qui était très peu abordé », note-t-elle.

« On avait commencé à prendre au sérieux la question de la répartition des tâches et on avait toutes réussi quasiment à former des couples modernes, où les maris participaient aux tâches. Mais ils n’en prenaient toujours pas la responsabilité. Donc le fait de penser, de planifier, de prévoir, c’était toujours les femmes qui le faisaient sauf qu’on ne s’en rendait pas compte. Et nous étions crevées, et pas nos compagnons ! Ce concept de charge mentale permet de comprendre pourquoi on est aussi fatiguées ! »