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Du théâtre qui danse

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Une compagnie de théâtre qui monte un spectacle de danse. La chose peut sembler quelque peu surprenante, mais c’est le pari pris par le Théâtre pas pour être seul pour sa toute première création.

Elizabeth Baril-Lessard, Vincent Nolin-Bouchard et Vincent Roy avaient envie de faire une création de groupe multigénérationnelle.

Les trois jeunes comédiens, issus du Conservatoire d’art dramatique de Québec et de l’Université Laval, sont même allés frapper à la porte du chorégraphe, metteur en scène et danseur Harold Rhéaume, de la compagnie Le Fils d’Adrien danse, dans l’espoir qu’il participe à cette aventure.

« On voulait monter un spectacle multidisciplinaire et créer un pont entre les disciplines et les générations d’artistes de la ville de Québec », a indiqué Elizabeth Baril-Lessard lors d’un entretien.

À l’affiche à partir du 20 février, à Premier Acte, Angle mort est une proposition artistique qui mélange théâtre, danse et musique et qui pose un regard sur les lâchetés émotionnelles de l’être humain et le courage nécessaire pour les affronter.

« On ne pensait jamais qu’Harold Rhéaume était pour répondre positivement à notre demande. Il est occupé par la direction de sa compagnie, son travail de chorégraphe et il n’avait pas dansé depuis quelques années. On ne pensait pas que c’était pour l’intéresser », a fait remarquer la jeune comédienne.

Harold Rhéaume a accepté la proposition et il a ensuite attiré la danseuse professionnelle et chorégraphe Lydia Wagerer dans ce projet.

Assumer sa folie

Les cinq comédiens et danseurs ont effectué des séances de création en groupe, et un laboratoire de 30 minutes a été présenté, en 2016, lors des Chantiers du Carrefour international de théâtre.

« Il s’agissait de tableaux qui n’avaient pas de lien entre eux. Le côté dramatique et théâtral a été développé par la suite et les chorégraphies se sont complexifiées. Le spectacle a beaucoup évolué », a précisé Elizabeth Baril-Lessard.

Angle mort fait référence aux peurs et aux événements que l’on vit et que l’on peut mettre derrière nous et dans un angle mort pour continuer d’avancer. La création aborde les conséquences du déni et le refus de reconnaître une réalité et les échecs personnels et professionnels. Elle s’intéresse aussi à l’anxiété de performance dans un désir d’atteindre une perfection et d’avancer rapidement dans la vie.

« Notre génération se fait souvent reprocher de vouloir aller rapidement et passer, sans contrainte, du point A au point B. Les réseaux sociaux sont un endroit où l’on cultive, d’une certaine manière, les angles morts. On camoufle, on efface tout ce qu’on ne veut pas et on montre seulement les angles que l’on veut montrer. Tout le monde est embarqué dans cette roue-là et ce phénomène n’est pas uniquement présent chez la jeune génération », a lancé la comédienne.

Elizabeth Baril-Lessard éclate de rire lorsqu’on lui fait remarquer qu’il est un peu étrange de voir une jeune compagnie de théâtre faire ses débuts avec un spectacle de danse.

« Il y a peut-être une naïveté de vouloir faire ce que l’on veut. On avait un grand besoin de rencontrer les artistes de la ville de Québec et de faire une vraie rencontre entre les disciplines et les générations. On n’a pas l’intention de se transformer en une compagnie de danse, mais on aime l’idée, pour le futur, de croiser les générations. On assume bien notre folie », a-t-elle laissé tomber.


Angle mort est présenté les 20, 21, 22, 23 et 24 février, à 20 h, à Premier Acte.