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Caméras retirées dans les salles de bain d’une école secondaire

La direction du Pavillon Wilbrod-Dufour disait vouloir prévenir le vandalisme

Les caméras, bien visibles pour ceux qui allaient à la salle de bain, ont été perçues comme un viol de la vie privée par les étudiants de l’école secondaire Pavillon Wilbrod-Dufour. L’installation du système de surveillance avait coûté pas moins de 5000 dollars.
Photo d'archives, Agence QMI Les caméras, bien visibles pour ceux qui allaient à la salle de bain, ont été perçues comme un viol de la vie privée par les étudiants de l’école secondaire Pavillon Wilbrod-Dufour. L’installation du système de surveillance avait coûté pas moins de 5000 dollars.

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La Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a forcé le Pavillon Wilbrod-Dufour à retirer des caméras qui venaient d’être installées dans des toilettes de l’établissement devant les plaintes des élèves.

La réaction des élèves qui fréquentent le Pavillon Wilbrod-Dufour (PWD) est unanime : la direction est allée trop loin en installant des caméras dans les salles de bain destinées aux filles et aux garçons.

« Moi, je trouve que ça n’a pas de bon sens. Il y a quand même un minimum d’intimité qu’on a le droit d’avoir », indique l’un des élèves rencontrés à l’extérieur du PWD par Le Journal jeudi midi.

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Ces caméras, bien visibles pour ceux qui allaient dans ces salles de bain, ont été perçues comme un viol de la vie privée par tous les étudiants sondés aux abords de l’école secondaire qui se trouve à Alma.

Pour un autre élève interpellé, les salles de bain demeurent un endroit où l’on doit être à l’abri des regards. « Quand tu vas à la toilette, tu n’as pas le goût qu’un agent de sécurité te voie. On est protégé par les cabines, mais c’est personnel ce qui se passe là-dedans. »

C’est la direction de l’établissement secondaire, et non la commission scolaire, qui a procédé à l’installation de ce système de surveillance la semaine dernière. L’installation de ces caméras a coûté pas moins de 5000 $.

L’objectif était d’empêcher de l’éventuel vandalisme qui aurait pu avoir lieu dans les toilettes récemment rénovées.

L’installation de caméras dans des salles de bain d’établissement scolaire est légale sous certaines conditions et en respectant certaines restrictions. Si la direction d’une école soupçonne, par exemple, que du trafic de drogue s’y déroule ou que du vandalisme peut y survenir, elle peut effectuer de la surveillance de cette manière.

Il est cependant interdit de filmer sans arrêt et de conserver indéfiniment les images de la caméra. Il est aussi illégal de pointer les caméras vers les cabines des toilettes.

Pas pour espionner

En entrevue téléphonique, la directrice générale adjointe de la commission scolaire, Christine Flaherty, affirme qu’il n’était pas question d’espionner les élèves.

« La direction de l’école pensait bien faire. De notre côté, on a jugé qu’il n’y avait pas de motifs sérieux pour filmer et que ce n’était pas approprié. On a donc demandé qu’elle les retire », indique Mme Flaherty.

Cette dernière assure que les images filmées ont été visionnées par une seule personne dans l’école et qu’elles sont maintenant détruites.

Cependant, s’il n’y a plus de caméras dans les toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour aujourd’hui, il n’est pas impossible que l’établissement scolaire remette les caméras s’il en ressent le besoin et s’il a des motifs raisonnables de le faire, avertit la direction.