/finance/reer
Navigation

Rentabilité des fonds de travailleurs

Coup d'oeil sur cet article

Grâce aux crédits d’impôt accordés par le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, le Fonds de solidarité de la FTQ et Fondaction de la CSN s’avèrent fort attrayants pour les épargnants.

C’est ce qui explique pourquoi ils font partie des REER les plus populaires. Le Fonds FTQ compte actuellement dans ses rangs 646 000 actionnaires alors que son petit cousin Fondaction en a 138 000.

Et dans le cadre du présent blitz REER, leur popularité pourrait même augmenter d’un cran en raison de la bonne performance financière obtenue depuis un an, soit un rendement de 8,9 % pour le Fonds FTQ et un rendement de 8,1% pour Fondaction.

En ajoutant les crédits d’impôt de 30 % (15 % fédéral, 15 % provincial) pour le Fonds FTQ et de 35 % (15 % fédéral, 20 % provincial) pour Fondaction, en sus des traditionnelles déductions REER (mettons de 35 à 40 % selon son revenu imposable), plusieurs actionnaires des fonds de travailleurs ont l’impression de détenir un placement sans risques, tout en étant fort rentable.

La réalité ? Les fonds de travailleurs sont des placements à risques.

LE RISQUE

Il est évident que les crédits d’impôt représentent un certain coussin en cas de contre-performance. Mais l’ampleur dudit coussin variera selon le moment où on y investit. Il ne faut jamais oublier que l’épargne dans les fonds de travailleurs y est normalement gelée jusqu’à notre retraite ou pré-retraite.

Si vous avez 35 ans, et que vous investissez aujourd’hui dans le Fonds FTQ, par exemple, le crédit de 30 % sur cet investissement se résumera à une protection d’environ 1 % l’an puisque vous devrez normalement y laisser l’argent durant 30 ans, soit jusqu’à votre retraite à 65 ans. Convenons que c’est maigre comme coussin.

Par contre, si vous avez 63 ans et que vous investissez dans le Fonds FTQ, le 30 % de crédit d’impôt sur votre investissement représentera à ce moment-là un super coussin de 15 % l’an, puisqu’il vous sera possible de récupérer votre capital à 65 ans, soit deux ans plus tard.

Élément important à retenir. Il faut savoir que les portefeuilles des fonds de travailleurs présentent un risque assez élevé puisque grosso modo 60 % des investissements sont effectués dans des PME québécoises.

C’est justement parce qu’il est risqué d’investir dans les PME que les gouvernements offrent des généreux crédits d’impôt aux actionnaires des fonds de travailleurs. S’ils n’étaient pas risqués, il n’y aurait pas de crédits d’impôt, point à la ligne.

Les fonds de travailleurs ont souventes fois été dénigrés par des conseillers financiers qui oeuvrent dans l’industrie des fonds communs de placement.

Le principal motif ? Le rendement des fonds de travailleurs, laissent-ils entendre à leurs clients, est nettement inférieur à celui des fonds communs.

La réalité ? Ça dépend avec quelles catégories de fonds communs on veut bien comparer les fonds de travailleurs. Selon la catégorie qui sera choisie, les fonds de travailleurs se retrouveront tantôt perdant, tantôt gagnant.

De façon plus objective, comparons la performance annualisée des deux fonds de travailleurs avec quelques indices financiers. Les rendements sont en date du 30 novembre dernier.

Dernier point. L’investissement dans les fonds de travailleurs est limité à un maximum annuel de 5000$. Et pour avoir droit aux alléchants crédits d’impôt, la dernière année de contribution est celle de nos 64 ans.

FONDS/INDICES 1 AN 3 ANS 5 ANS 10 ANS %
Fonds FTQ8,9 % 7,8 % 7,6 % 4,5 %
Fondaction 8,1 % 5,3 % 4,5 % 1,1 %
S&P/TSX Toronto 9,6 % 6 % 8,8 % 4,7 %
Canada Obligations Univers 2,4 % 2,9 % 3,1 % 4,8 %
Portefeuille diversifié * 8,2 % 6,1 % 8,2 % 5,4 %

* 50 % indice Obligations univers ; 25 % indice S&P/TSX ; 25 % indice MSCI Monde