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Sans son nez et sans un œil, il se dit très heureux

L’homme vient d’apprendre qu’il n’a plus le cancer qu’il combattait depuis 9 ans

Sylvain Pharand
Photo Chantal Poirier Conséquence d’un cancer: Sylvain Pharand vit sans nez et sans un œil.

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Un Montréalais de 54 ans n’a jamais été aussi heureux, même s’il doit affronter le regard parfois méprisant des gens, lui qui vit sans nez et sans un œil. Le médecin vient de lui annoncer qu’il a vaincu un cancer des sinus qu’il combattait depuis neuf ans.

Le terme miraculé s’applique bien à Sylvain Pharand, qui a reçu la meilleure nouvelle de sa vie alors que son chirurgien plasticien, Daniel Borsuk, lui a annoncé il y a quelques semaines qu’il était en rémission.

« J’ai versé des larmes. Un spécialiste avait dit en 2008 à ma conjointe que je ne vivrais pas plus de six mois », a lancé Sylvain Pharand.

Lors de l’anniversaire de sa conjointe le 20 juin 2008, Sylvain Pharand a appris qu’il était atteint d’un cancer des sinus et des ganglions.

C’est son physiothérapeute de l’époque qui avait remarqué une masse dans son nez. Il l’avait invité à consulter un médecin.

Une semaine après avoir passé des examens, un spécialiste lui a appris la mauvaise nouvelle.

« Je me souviens d’avoir éclaté en sanglots. J’étais effondré quand j’ai su que j’avais le cancer », a-t-il raconté.

11 opérations

Depuis neuf ans, Sylvain Pharand a subi 11 opérations pour retirer des tumeurs malignes dans son visage.

Il a également eu pas moins de 165 traitements de radiothérapie et 15 traitements de curiethérapie entre 2008 et 2017. Les médecins ont même retiré son œil gauche et son nez pour le soigner.

« On m’a placé cinq fils qui m’injectaient un liquide dans la tête pour éviter que ça se propage. La maladie n’a jamais touché mon cerveau, heureusement », a-t-il ajouté, sans quoi ses jours auraient été comptés.

Sylvain Pharand
Photo courtoisie

Sa conjointe des 26 dernières années, Marie-Josée Fréchette, a avoué que la résilience et le courage de M. Pharand étaient impressionnants.

« Il n’a jamais baissé les bras. Il allait à tous ses rendez-vous avec le sourire. Il niaisait même avec le médecin », a ajouté Mme Fréchette.

Bien que les traitements ont été éprouvants physiquement, ce sont les regards des gens sur lui qui ont été le plus pénibles.

« Le nombre de personnes qui pointaient mon visage. C’était difficile psychologiquement. Je n’ai pas eu d’autre choix que de consulter trois psychologues tout au long des traitements », a-t-il dit.

Soutien moral

Selon Marie-Josée Fréchette, c’est le soutien moral de ses proches qui a permis à Sylvain Pharand de passer à travers toutes ces épreuves.

« Les amis et anciens collègues de Sylvain étaient protecteurs. Ça l’a aidé de voir tant de gens le soutenir », a-t-elle ajouté.

En avril dernier, le quinquagénaire a subi une greffe de peau afin de réparer en partie son visage.

La peau prélevée sur sa cuisse droite a été placée pour cacher le trou dans son visage. Des spécialistes lui ont aussi confectionné une prothèse avec un œil et un nez qu’il accroche avec son dentier.

Il est plus facile pour lui de sortir en public maintenant. Il a assisté à un match du Canadien au Centre Bell avec son fils de 21 ans cet automne.