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Présumés trafiquants sous pression

La police a effectué 22 perquisitions mardi contre un ambitieux réseau associé aux Hells Angels

Les policiers ont visité cinq commerces, dont le gymnase Le Local, sur l’avenue Marien, à Montréal-Est.
Photo Agence QMI, Maxime Deland Les policiers ont visité cinq commerces, dont le gymnase Le Local, sur l’avenue Marien, à Montréal-Est.

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L’organisation parrainée par les Hells Angels qui a été la cible de 22 perquisitions policières, mardi, chercherait à s’assurer le monopole de la production des drogues de synthèse au Québec.

C’est ce qui émane du projet d’enquête « Objection », mené par l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé (ENRCO) aux dépens de ce réseau de présumés trafiquants implanté dans les régions de Montréal, de Lanaudière et des Laurentides.

Les policiers de l’escouade de répression du crime organisé ont fouillé 17 résidences qu’ils associent à ce réseau, dont celle de la conjointe de Carmelo Sacco Jr, d’une valeur de 1 027 600 $, sur le chemin Riverdale, à Sainte-Adèle.
Photo Martin Alarie
Les policiers de l’escouade de répression du crime organisé ont fouillé 17 résidences qu’ils associent à ce réseau, dont celle de la conjointe de Carmelo Sacco Jr, d’une valeur de 1 027 600 $, sur le chemin Riverdale, à Sainte-Adèle.

Marché profitable

Le Journal a appris que cette organisation liée à des membres influents des Hells – dont Mario Brouillette, que les policiers ont déjà surnommé « le dauphin » de Maurice « Mom » Boucher et que plusieurs considèrent maintenant comme le vrai « boss » de la bande – ne se contenterait pas de tremper dans le marché payant de la cocaïne.

<b>Mario Brouillette</b><br />
Leader présumé
Photo courtoisie
Mario Brouillette
Leader présumé

Elle tenterait aussi de mettre la main sur celui de la méthamphétamine et de l’ecstasy.

Qualifiées de « fléaux » devant les tribunaux, ces drogues chimiques bon marché et populaires représentent ce qu’il y a de plus profitable pour les trafiquants. Un comprimé ne coûte que 5 ¢ à fabriquer et se vend 5 $.

Difficiles à détecter, elles seraient produites dans la province par des laboratoires clandestins à raison de plusieurs tonnes par année, d’après une étude de la Sûreté du Québec.

Les policiers ont visité cinq commerces, dont le gymnase Le Local, sur l’avenue Marien, à Montréal-Est.
MARC-ALAIN TRUDEAU

Mardi, les policiers ont mis de la pression sur un dirigeant présumé du réseau en allant fouiller sa résidence cossue d’une valeur de plus d’un million de dollars, à Sainte-Adèle.

Carmelo Sacco Jr, que les policiers considèrent comme l’un des lieutenants du motard Brouillette, n’a pas d’antécédents judiciaires.

Lui et Brouillette ne font d’ailleurs l’objet d’aucune accusation dans cette affaire.

Épié à ses noces

Mais depuis plusieurs années, la police s’intéresse à cet homme d’affaires d’origine italienne qu’elle décrit à la fois comme un proche des Hells, de la mafia montréalaise et des gangs de rue, selon nos sources.

À l’été 2013, des agents en civil s’étaient invités à sa réception de mariage, dans un hôtel non loin de l’ouest de Montréal. Plusieurs mafiosi comptaient parmi les invités, dont Tonino Callocchia, assassiné un an plus tard, et Marco Pizzi, qui a échappé à une tentative de meurtre en 2016.

Les policiers ont visité cinq commerces, dont le gymnase Le Local, sur l’avenue Marien, à Montréal-Est.
MARC-ALAIN TRUDEAU

À l’hiver 2015, Sacco a aussi été observé par la police assis à la même table qu’un proche des Hells qui célébrait son anniversaire de naissance dans un restaurant montréalais en compagnie de membres influents de gangs de rue et de celui qui occupait alors le trône de chef intérimaire de la mafia italienne, Stefano Sollecito.

Ce dernier a été acquitté de complot et de gangstérisme, lundi, après qu’un juge eut décidé que la police avait enregistré illégalement le mafioso dans un bureau d’avocats.

Aucune arrestation

L’ENRCO n’a procédé à aucune arrestation lors de ses perquisitions de mardi dans 17 résidences et cinq commerces, tentant plutôt d’amasser de la preuve et de saisir armes, stupéfiants et matériel informatique.

C’était la deuxième série de perquisitions en autant de mois contre ce réseau, après celles du 24 janvier où une bijouterie de Repentigny avait notamment été visitée.

– Avec la collaboration de Félix Séguin et Andrea Valeria, Bureau d’enquête