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Souvenirs de Vancouver

Joannie Rochette
Photo courtoisie Joannie Rochette

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GANGNEUNG | Pour être honnête avec vous, je ne vois pas souvent des compétitions de patinage artistique.

La dernière fois, c’était en 2010 à Vancouver. Et c’était un peu par hasard aussi.

On avait tiré au sort qui allait couvrir le patin aux Jeux olympiques. C’est mon nom qui était sorti du chapeau.

À l’époque, je ne connaissais pas grand-chose à la danse sur glace, ou aux autres lutz, axel, salchow, boucle piqué... c’était du coréen pour moi.

C’est donc un peu « pour apprendre », comme les hockeyeurs russes l’avaient fait à la Série du Siècle, que j’allais couvrir les compétitions.

Evgeni Plushenko avait été le premier à me faire tomber en bas de ma chaise.

Déjà décoré d’or à Turin, le grand Russe avait débuté sa prestation finale avec son fameux quadruple saut. Pour un joueur de hockey comme moi habitué de patiner nord-sud, un quadruple saut, je peux vous dire que c’était pas mal impressionnant.

Elvis Stojko était assis à côté de moi. Quand sa mâchoire inférieure s’est décrochée comme s’il avait vu un fantôme ou gagné à la loto, j’ai compris que je venais d’assister à quelque chose d’exceptionnel.

Le jury n’avait pas autant apprécié l’exploit de Plushenko. Il lui avait préféré pour l’or l’Américain Evan Lysacek, qui ne s’était pourtant pas risqué à un tel geste technique.

J’avais beau être un « p’tit nouveau », j’avais compris Plushenko quand il avait menacé de mettre fin à sa carrière.

Gracieuse Joannie

Puis la journée tant attendue est arrivée. Le programme court avec Joannie, dont la maman Thérèse Rochette était décédée d’un infarctus à peine arrivée à Vancouver pour encourager sa fille.

Joanie mit le patin sur la glace. Dans le silence solennel du vieux Pacific Coliseum, 16 000 personnes se sont recueillies pour honorer la mémoire de la défunte, en suivant des yeux la belle patineuse qui flottait sur la glace.

Sur quel air ? Un journaliste vient de me dire que c’était un tango. Ç’aurait été le Boléro de Ravel ou la Danse à Saint-Dilon, quelle importance ?

Au terme de son programme court, quand Joanie a fondu en larmes, je peux vous dire qu’il y avait de la brume dans les yeux de tout le monde. J’y repense et j’en ai encore des petits frissons.

Ce soir-là, Joannie prit le troisième rang. Elle répéta sa performance au programme libre une couple de jours plus tard, en route vers la médaille de bronze.

Des coupes Stanley, des coupes Grey, le 3000e coup sûr de Pete Rose ou le championnat du monde de Formule 1 de Jacques Villeneuve, les ceintures mondiales de Matthew Hilton ou de Lucian Bute... un chroniqueur sportif a le privilège d’assister à de grands moments au cours de sa carrière.

L’incroyable performance de Joannie Rochette à Vancouver aura été un des miens.

 

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