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Budget Morneau: fin du système de paie Phénix

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OTTAWA | Le gouvernement fédéral annonce qu’il mettra la hache dans le désastreux système de paie Phénix, mais devra flamber un autre demi-milliard $ pour le garder en vie quelques années encore.

Phénix ne renaîtra jamais de ses cendres. Dans son budget 2018-2019, le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il allait reléguer aux oubliettes le système qualifié de «fiasco».

Les problèmes du système affectent plus de la moitié des 300 000 fonctionnaires fédéraux depuis maintenant deux ans. Certains avaient été trop payés et doivent maintenant rembourser le gouvernement, d’autres n’ont carrément pas été payés pendant des mois.

Ottawa dépensera au moins 16 M$ au cours des deux prochaines années pour trouver une solution de rechange.

Mais avant de pouvoir recommencer à zéro, il devra dépenser encore 453 M$ sur cinq ans uniquement pour garder le système développé par IBM sur le respirateur artificiel.

Au total, la facture de Phénix devrait donc gonfler à 1 G$ depuis son lancement en 2016.

Aucune économie

Or, Phénix avait été commandé dans le but simplifier les paies en rapatriant les dizaines de systèmes de paie du fédéral sous un seul et même toit.

Le système devait permettre des économies de 170 M$ par année à Ottawa, selon les estimations du gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui l’avait commandé.

Finalement, il aura été un mal de tête pour le gouvernement libéral qui lui a succédé dès son lancement au printemps 2016.

Selon les syndicats fédéraux, de nombreux employés refuseraient même des promotions ou des changements de poste, de peur de s’ajouter à la longue liste des victimes de Phénix.

Et les problèmes ne s’arrêtent pas là, avoue le gouvernement dans son budget.

«Afin de s’occuper du stress psychologique et émotionnel réel des fonctionnaires causés par les problèmes de paie et des répercussions financières inacceptables, le gouvernement a lancé des discussions avec les représentants de la fonction publique afin de traiter des nombreux griefs et actions en justice.»