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Tordeuse des bourgeons de l’épinette: 75 millions $ pour l’Atlantique, pas un sou pour le Québec

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Dans son budget dévoilé mardi, Ottawa prévoit des millions pour prévenir la propagation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans l’Atlantique, mais rien pour le Québec, déplore le Parti québécois.

En effet, le budget présenté par le ministre Bill Morneau prévoit 74,75 M$ sur cinq ans pour « prévenir la propagation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette » dans les provinces de l’Atlantique. Cette somme sera assumée à 60 % par Ottawa et à 40 % par les provinces et l’industrie forestière de l’est du Canada.

« C’est une iniquité qu’il faut dénoncer, lance le critique péquiste en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy. C’est incompréhensible. La tordeuse, elle ne fait pas la différence entre le Québec et le Nouveau-Brunswick quand elle dévaste une région. »

Désavantage

Le député de Bonaventure, en Gaspésie, estime que la mesure apportera un avantage indu au Nouveau-Brunswick. « Avec ce financement-là, ils vont être capables d’être très compétitifs par rapport au Québec, dit Sylvain Roy. La perte de matière ligneuse que va engendrer l’épidémie, on ne pourra jamais la rattraper, parce qu’on n’aura pas la même aide. »

Depuis 2006, la propagation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette s’accélère dans plusieurs régions du Québec, dont la Côte-Nord, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, cette chenille qui provoque la défoliation, puis la mort du conifère a affecté 7 millions d’hectares en 2016.

Surprise à Québec

Au cabinet du ministre de la Forêt, Luc Blanchette, on affirme ne pas avoir été avisé de cette aide financière avant le dépôt du budget fédéral. « On a été surpris que la mesure s’applique à certaines provinces, parce que le Québec fait face également à cette problématique », affirme l’attaché de presse du ministre, Youann Blouin.

« On va tenter d’en apprendre davantage au cours des prochains jours et des prochaines semaines, a-t-il ajouté. Mais, de manière générale, on travaille très bien avec le fédéral pour tout ce qui est et tout ce qui touche à l’aspect forestier. »

Les cabinets des Ressources naturelles, de l’Environnement et des Finances à Ottawa n’étaient pas en mesure de répondre aux questions du Journal au moment de mettre sous presse.