/sports/hockey
Navigation

La KHL revient, Poutine exploite l’or

IHOCKEY-OLY-2018-PYEONGCHANG-PODIUM-RUS-GER
Photo AFP L’or au hockey était plus important pour Vladimir Poutine que toutes les autres épreuves combinées, car c’était la meilleure chance pour la Russie d’accéder à la gloire olympique.

Coup d'oeil sur cet article

La pause olympique d’un mois dans la KHL est terminée, juste à temps pour conclure la saison régulière.

Cela veut dire une chose : la joute politique est commencée et les élites dirigeantes sont fort occupées à tirer le plus de profit possible de la médaille d’or de la formation des athlètes olympiques russes. Le hockey a toujours été très politisé en Russie, mais l’année 2018 pourrait être unique à cet égard, puisque cette médaille d’or est la première du pays en 26 ans et qu’elle arrive quelques semaines seulement avant les élections présidentielles.

L’or au hockey était plus important pour Vladimir Poutine que toutes les autres épreuves combinées, car c’était la meilleure chance pour la Russie d’accéder à la gloire olympique (merci à Gary Bettman et à tous ces joueurs de la LNH qui étaient absents) et parce que le scandale de dopage a dépouillé la délégation russe de plusieurs de ses meilleurs athlètes en sports d’hiver. Après avoir présenté les accusations de dopage systémique comme une chasse aux sorcières menée par l’Occident, Poutine considérait l’équipe de hockey comme un agent de la rédemption et de rétribution. Son pari a payé de façon spectaculaire. Même si c’était seulement l’Allemagne dans le match pour la médaille d’or, et que la victoire était loin d’être convaincante, personne en Russie n’attache d’importance aux circonstances. C’est le résultat qui compte.

Les représentants de la KHL ont rapidement proclamé le succès fracassant de leurs réformes. L’aménagement de la ligue favorisant le SKA et le CSKA, la longue pause olympique, l’annulation du repêchage d’entrée, l’abolition du plafond salarial... Toutes ces réformes, qui sont soit controversées ou détestées par la communauté russe du hockey, ont été évoquées comme des éclairs de génie. En particulier par Roman Rotenberg, vice-président du conseil d’administration de la KHL et fils d’un oligarque russe qui a des liens étroits avec Poutine. Rotenberg, qui gère les opérations analytiques et statistiques de l’équipe nationale, a déclaré que la KHL devrait continuer à opérer de la même manière pour alimenter efficacement l’équipe nationale. Ses liens avec le président russe rendent ses initiatives difficiles à ignorer.

De son côté, Poutine a exploité la victoire olympique à son maximum. Les joueurs ont paradé devant le Kremlin, ont été ensevelis de cadeaux, de bonis et d’honneurs d’État. Ilya Kovalchuk, en politicien astucieux, a dit de Poutine qu’il était son héros et « notre capitaine ». Comme si ce n’était pas suffisant, les joueurs du SKA et du CSKA, qui formaient presque la totalité de l’équipe nationale, ont été recrutés pour faire partie d’un rassemblement pro-Poutine massif, aujourd’hui. Pour ces raisons, la KHL a même accepté de déplacer le début des séries éliminatoires de la Coupe Gagarine pour ces deux équipes d’aujourd’hui à demain, même si des billets avaient déjà été vendus pour la première date. Le sport et la politique ne sont jamais loin l’un de l’autre en Russie. Et quand il est question des Jeux olympiques, le sport est simplement un prolongement de la politique.

Maxwell livre

Entre-temps, le dernier jour de la saison régulière dans la KHL a fourni une quantité incroyable de drames, puisque les quatre dernières équipes à accéder aux éliminatoires ont finalement été déterminées. La bataille la plus intense a eu lieu à Moscou, où le Dynamo et le Spartak, de vieux rivaux, bataillaient pour un laissez-passer. Le Spartak l’a emporté 4 à 3 grâce au but gagnant de l’ancienne recrue du Canadien, Ben Maxwell. La victoire a propulsé les Red Whites en septième place dans l’Ouest et a empêché le Dynamo de se qualifier pour les éliminatoires pour la première fois dans l’histoire de l’équipe. C’est aussi la première fois dans l’ère postsoviétique que le Spartak réussissait à finir devant le Dynamo au classement.

Ailleurs, le Severstal de Cherepovets a assuré sa deuxième participation seulement aux éliminatoires de la Coupe Gagarine en arrachant un point à Saint-Pétersbourg dans une défaite de 1 à 0 en fusillade. Le Severstal, qui est dans la liste courte de la KHL en vue des coupes de l’été prochain, revit sur la glace et au guichet cette année. Du succès en séries éliminatoires pourrait faire reconsidérer la ligue.

L’Avangard d’Omsk a réussi une entrée encore plus spectaculaire en séries. L’équipe sibérienne l’a emporté face aux Barys d’Astana 4 à 3 grâce à un but dans la dernière minute de jeu, après avoir comblé un déficit de 3 à 1. Cette victoire a permis à la formation d’Omsk de dépasser le Sibir de Novossibirsk au classement pour obtenir le dernier laissez-passer dans l’Ouest.

Le chiffre de la semaine: 63

Le nombre de points que détient le meilleur pointeur de la KHL, Ilya Kovalchuk du SKA (31 buts et 32 mentions d’aide). C’est un point de plus que son coéquipier Nikita Gusev et sept de plus que Nigel Dawes, qui a fini premier dans la ligue pour les buts (35). L’équipe de Kovalchuk est largement favorite pour gagner sa troisième coupe Gagarin. Immédiatement après avoir gagné l’or olympique, Kovalchuk a annoncé qu’il a maintenant pour projet de conquérir la coupe Stanley.