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10 choses à savoir sur la présence des zouaves à Québec

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«Faire le zouave» est une expression bien connue, mais sait-on vraiment ce qu'est un zouave?

Entre 1861 et 1870, les Chemises rouges de Garibaldi veulent faire de Rome la capitale d'un état unifié. La Cité du Vatican se sent donc menacée.

C'est dans ce contexte que 10 000 soldats de partout dans le monde catholique se rendent en Italie pour défendre les États pontificaux.

Au Canada français, c'est plus de 500 volontaires qui volent au secours du pape Pie IX. Plusieurs provenaient de Québec. On les appelait les Zouaves pontificaux.

1. Les zouaves de Québec

Magloire Roussel dans son uniforme de zouave en 1869, tiré de Anatomia de la historia du 27 février 2017.
Magloire Roussel dans son uniforme de zouave en 1869, tiré de Anatomia de la historia du 27 février 2017.

C'est à l'instigation de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, qu'en 1868 sept contingents de zouaves canadiens français sont formés.

Des volontaires de Québec répondent à l'appel et ce groupe quitte la capitale vers Rome.

Tous ces soldats débarquent au Havre et à Brest et traversent la France vers leur destination. Ils veulent verser leur sang pour le Christ, mais ils arrivent trop tard, Rome ayant déjà capitulé.

Au total, ils auront été 507.

2. Les zouaves après la démobilisation

Les vétérans survivant à l'occasion du 75e anniversaire de 1935, collection Albert Dorval.
Les vétérans survivant à l'occasion du 75e anniversaire de 1935, collection Albert Dorval.

Dès leur retour à la vie civile en 1871, les vétérans reprennent leur vie normale.

Cependant, ils ont le goût de se revoir entre eux.

De plus, leur présence est parfois sollicitée lors d'événements religieux ou patriotiques.

C'est pourquoi, en 1899, Charles-Edmond Rouleau forme l'Association des zouaves de Québec.

Il en sera le premier colonel. Quarante et une associations canadiennes suivront, dont deux en Ontario, et le siège de leur quartier général sera situé à Québec.

À leur apogée, ils ont été 2000 membres.

3. La rue des Zouaves

La Halle Berthelot en 1956, AVQ.
La Halle Berthelot en 1956, AVQ.

À partir de 1899, le siège du quartier général de l'Association des zouaves de Québec est situé à Québec, dans le faubourg Saint-Jean.

Ils occupent alors l'étage supérieur de la halle du marché Berthelot qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel parc Berthelot.

Dès 1945, ils occupent l'ensemble de l'édifice. Ce dernier est partiellement détruit par un incendie en 1962. Il est finalement démoli en 1965.

C'est en 1908 que la rue Jupiter, qui conduisait à la halle depuis la rue Saint-Jean, a été rebaptisée la rue des Zouaves.

4. La cité québécoise du pape

Piopolis vers 1950, tiré de «L'ermite du Lac-Mégantic».
Piopolis vers 1950, tiré de «L'ermite du Lac-Mégantic».

En 1871, un groupe de 14 vétérans établissent une colonie agricole sur la rive ouest du lac Mégantic.

Cette nouvelle paroisse se nomme alors Saint-Zénon-de-Piopolis.

C'est que lors de leur expédition vers Rome, chaque zouave portait une relique de saint Zénon, réputé pour ses miracles.

En 1880, ce hameau devient Marston.

Ce n'est qu'en 1958 que la municipalité devient Piopolis, littéralement la «Ville de Pie» (le pape Pie IX).

L'endroit existe toujours aujourd'hui et compte environ 360 habitants.

5. Les zouaves et le drapeau de Carillon

Les zouaves escortant le drapeau de Carillon le 24 juin 1968, collection Albert Dorval.
Les zouaves escortant le drapeau de Carillon le 24 juin 1968, collection Albert Dorval.

Le 8 juillet 1758, Montcalm et ses hommes remportent une éclatante victoire au fort Carillon à Ticonderoga.

Le drapeau que portent les soldats alors est rapporté, mais il est oublié. Il est retrouvé en 1848 et devient un symbole de fierté nationale.

Il est roulé sur sa hampe et inséré dans un fourreau de toile. C'est ainsi qu'il paradera dorénavant, n'étant plus jamais déployé.

En 1871, la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec invite les zouaves pontificaux à former une garde d'honneur au drapeau de Carillon.

À partir de 1901, ce sont eux qui deviendront son gardien et qui l'escorteront lors des défilés de la Saint-Jean-Baptiste.

Ce drapeau est celui qui a inspiré le fleurdelisé national québécois.

Il est aujourd'hui exposé au Musée de la civilisation de Québec.

6. Les zouaves à Beaupré

Les zouaves à Sainte-Anne-de-Beaupré en 1909, collection Albert Dorval.
Les zouaves à Sainte-Anne-de-Beaupré en 1909, collection Albert Dorval.

Sainte-Anne de Beaupré devient un lieu de pèlerinage dès 1663.

En 1886, cette église reçoit le titre de basilique mineure.

Cette nomination lui donne beaucoup de prestige.

À partir de 1909, les têtes dirigeantes du clergé canadien décident d'y faire un pèlerinage annuel.

Le 26 juillet, jour de la fête de Sainte-Anne, les pèlerins arrivent par la route, par bateau ou par train.

À chaque année, les prêtres défilent depuis la gare jusqu'à la basilique, escortés par un détachement de zouaves pontificaux de Québec.

Ce manège se poursuivra durant des décennies. Pour bien des Québécois, les pèlerinages à Sainte-Anne rimaient avec zouaves.

7. Les zouaves en camping

Les zouaves en camping vers 1950, collection Albert Dorval.
Les zouaves en camping vers 1950, collection Albert Dorval.

Pendant longtemps, les zouaves pontificaux ont tenu une grande convention annuelle.

À cette occasion, ils ne se rendaient pas à l'hôtel pour y loger, mais ils campaient, probablement en souvenir de leurs prédécesseurs lors de leur expédition à Rome.

N'oublions pas qu'il s'agissait de militaire.

8. Les zouaves à Expo Québec

Le bingo des zouaves à Expo Québec en 1948, collection Albert Dorval.
Le bingo des zouaves à Expo Québec en 1948, collection Albert Dorval.

À partir de 1937, et ce durant 55 ans, les zouaves de Québec ont dirigé un grand bingo au parc de l'Exposition à l'occasion de l'exposition agricole annuelle.

Logés d'abord temporairement dans une tente, ils construisent un petit pavillon pour y tenir leur activité.

Ainsi, pendant des décennies, les zouaves pontificaux ont fait partie du paysage d'Expo Québec.

9. Les zouaves au Carnaval

Les Défricheurs en 1958, collection Albert Dorval.
Les Défricheurs en 1958, collection Albert Dorval.

À partir du tout premier Carnaval d'hiver de Québec en 1955, ce sont les zouaves de Québec qui assuraient le bon ordre à l'occasion du couronnement de la reine.

Lors des défilés, ils escortaient son char allégorique.

On appelait ce détachement spécial les «Défricheurs» et pour cette occasion, ils abandonnaient leur traditionnel uniforme de zouaves pour revêtir des costumes de bûcheron fait d'une chemise à carreaux noirs et rouges, d'un pantalon de laine gris et de bottes. Ils portaient également une hache.

10. Les zouaves aujourd'hui

La revue des troupes par le pape Jean-Paul II au Séminaire de Québec en 1984, collection Albert Dorval.
La revue des troupes par le pape Jean-Paul II au Séminaire de Québec en 1984, collection Albert Dorval.

Les zouaves étaient considérés comme un groupe paramilitaire.

C'est pourquoi ils pouvaient porter des armes en public et ils étaient à la disposition de l'Armée.

À partir de 1940, ils perdent ce droit et l'association devient un mouvement d'action catholique.

Dans les années 1960, ils créent des corps de cadets pour transmettre leurs valeurs catholiques aux jeunes.

Avec la sécularisation de la société québécoise, le mouvement s'essouffle et perd des adeptes.

La dernière sortie officielle du Régiment des zouaves pontificaux canadiens a eu lieu en 1984 lors de la venue du pape Jean-Paul II à Québec alors que cent hommes lui rendent les honneurs militaires.

L'association existe toujours aujourd'hui, mais sous la forme d'un club social.

Un texte de Jean Dorval et et de Jean-François Caron, Société historique de Québec


À lire : Diane Audy, Les Zouaves de Québec au XXe siècle, Les Presses de l'Université Laval, 2009.


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