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Le lendemain international des Femmes

Le lendemain international des Femmes
Courtoisie

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Il y a quelques jours, sur toutes les plateformes, on vous a cassé les oreilles avec notre Journée internationale des droits des Femmes. Je sais qu’on a déjà acquis beaucoup, ce qu’on entend par «droits des femmes», c’est très modeste, c’est simplement: «Est-ce qu’on a le droit d’exister aussi fort que vous?». Alors le 8 mars, on s’est donné le droit de se faire remarquer un peu.

On a répondu aux colons qui n’ont rien compris et qui nous demandaient «Ok, mais à quand la journée des hommes?». S’il y a un événement pour la protection des pandas en voie d’extinction, y débarques-tu en gueulant «Ok, mais à quand les événements pour les insectes!?» Ben non. Tu ne fais pas ça parce que pour l’instant, les insectes sont très chill, ils l’ont toujours été et ce n’est pas sur eux qu’on a besoin de mettre notre attention présentement.

On s’est aussi célébrées entre filles et on s’est fait des high five. «Let’s go, les femmes, girl power, solidarité! On est plus fortes quand on s’unit!» T’as applaudi ta mère, ta sœur, ta meilleure amie, ta prof, ta tante, ta grand-mère et c’est génial. Pour vrai.

Mais aujourd’hui, maintenant qu’on est le lendemain, qu’est-ce qui nous reste de ça, une fois qu’on a identifié deux ou trois femmes inspirantes dans notre story sur Instagram? Est-ce que de nous dédier 24 h par année, c’est suffisant pour que les choses changent? J’ai l’impression que non. Alors j’ai décidé de faire un lendemain de la femme, parce que je trouve qu’il nous en manque encore un bout. (C’est comme un pattern dont on a du mal à se débarrasser...)

Le petit bout qui nous manque, c’est un pénis. Parce que d’ordre général, avec un pénis, on peut faire pas mal tout ce qu’on veut. On peut s’habiller comme on veut, on peut aller où on veut, (même par-dessus le plafond de verre!) mais surtout, quand on a un pénis, ce n’est pas du tout mal vu de se tripper dessus.

À travers les dernières années, j’ai souvent abordé la grande quête sinueuse de mon amour propre. Si la route m’a paru si longue, c’est parce que, sans niaiser, j’attendais que la solution me soit livrée de l’extérieur. J’ai eu le temps de me perdre et de manquer l’autobus plusieurs fois avant d’assimiler la notion suivante: aucune confirmation de mon potentiel, aucune validation de mon talent et aucune reconnaissance de ma beauté n’arrivera jamais à la hauteur de la simple phrase: «Je connais ma valeur». Quel outil puissant et quelle richesse que d’ajouter ces quatre mots à son bagage!

Dans toute ta vie, la seule partenaire de voyage qui restera à tes côtés en permanence, c’est toi. Et à force de discuter avec toi-même, tu peux arriver à te faire croire à peu près n’importe quoi. Ce qui est bien, c’est que si on réussit à se convaincre qu’on est moche et insuffisante, on peut aussi arriver à se persuader du contraire. En y parvenant, on peut enfin se détacher de son nombril et se tourner vers de plus petits nombrils, pour qui les femmes confiantes sont un véritable engrais les inspirant à pousser en santé.

En étant des modèles pour elles, vous contribuez à créer une armée de petites madames qui grandiront dans un monde encore moins clôturé que celui que nous aurons connu. Ne perdez plus votre temps à être en guerre contre vous-même, des clôtures ont besoin de vous pour être jetées par terre. Tout part de nous, les filles. Soyez votre plus grande révolution.

Bonne post-journée de la femme à vous et à toutes celles qui sont en train de se construire.

► Vous pouvez entendre Rosalie Bonenfant sur les ondes du 107,3 Rouge tous les vendredis matin à 7 h 30.