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Il demande la fin des procédures pour corruption

Un ex-dirigeant de SNC-Lavalin trouve qu’il a attendu trop longtemps pour subir son procès

Sami Bebawi, un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin accusé de fraude, a juré à la cour, hier à Montréal, avoir perdu ses amis et sa famille depuis qu’il a été accusé.
Photo Martin Alarie Sami Bebawi, un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin accusé de fraude, a juré à la cour, hier à Montréal, avoir perdu ses amis et sa famille depuis qu’il a été accusé.

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Un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin accusé de corruption qui dit avoir perdu sa femme, sa famille et ses amis trouve qu’il attend son procès depuis trop longtemps et demande maintenant l’arrêt des procédures.

« À Noël, je n’ai reçu aucun appel, aucune invitation, j’étais assis à regarder la télévision... Il n’y avait pas d’amis, rien du tout », a témoigné Sami Bebawi à la cour, vendredi au palais de Montréal.

Visiblement émotif et parlant parfois à la troisième personne, l’accusé de 71 ans a longuement expliqué toutes les conséquences que les accusations portées en 2014 ont eues sur sa vie personnelle.

« Je suis complètement isolé, c’est l’agonie que de vivre seul... je ne comprends pas comment le citoyen Bebawi peut être accusé de corruption », a-t-il dit.

Chez SNC-Lavalin, une firme de génie-conseil, Bebawi était un vice-président responsable de projets en Libye. Il est accusé d’avoir fraudé son ex-employeur pour des millions de dollars.

Les crimes se seraient déroulés entre 2001 et 2010.

Un mandat d’arrestation avait été lancé en janvier 2014, et même s’il était en Égypte, où il n’y a pas de traité d’extradition avec le Canada, il s’était rendu de lui-même.

Depuis, Bebawi clame son innocence. Mais si son procès doit avoir lieu l’année prochaine, il trouve l’attente beaucoup trop longue. Il a donc invoqué l’arrêt Jordan de la Cour suprême, qui limite les délais avant qu’un accusé soit jugé.

« M. Bebawi est d’avis que son droit d’être jugé dans un délai raisonnable a été violé et que les procédures sont loin d’être terminées, a indiqué son avocat Alexandre Bergevin. Seul l’arrêt des procédures est le remède juste et convenable. »

Santé

Lors de son témoignage vendredi, Bebawi a affirmé n’avoir pratiquement plus de liens avec ses enfants et ses petits-enfants.

« Je me suis fait dire que ma situation affectait notre relation », a-t-il dit.

Bebawi, qui gagnait autour de 1 million $ par année, a dû emprunter de l’argent pour payer ses frais d’avocats.

Il a bien tenté d’enseigner à l’Université Concordia « pour s’occuper », mais il a essuyé un refus du doyen.

Et pour ajouter à sa malchance, l’accusé a été frappé par un cancer durant l’attente de son procès.

« C’était la chose la plus douloureuse de ma vie », a-t-il affirmé en parlant de la chimiothérapie.

Sans surprise, la Couronne fédérale s’oppose à la demande d’arrêt des procédures.


♦ Le juge Guy Cournoyer rendra sa décision le mois prochain.